« Seule face aux géants » Martine Donnette

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À cause de la grande distribution, en soixante ans, la France a perdu 300 000  » points de vente « , alors qu’elle aurait pu en gagner 800 000 !

A 47 ans, Martine Donnette perd son commerce et se retrouve endettée. Dans sa caravane, seul logis qui lui reste, elle va mener un combat acharné contre les responsables : les grandes enseignes commerciales. Depuis trente ans, elle sillonne la France et fédère des centaines de commerçants chassés par les politiques déloyales des grandes surfaces. Elle mène procès sur procès, empêchant les constructions et développements illégaux de la grande distribution, militant pour des lois en faveur des petits exploitants. Elle nous raconte son refus courageux de se plier au pouvoir des grandes enseignes et sa lutte de chaque jour pour que le commerce de proximité retrouve sa place au sein de la société.

Depuis peu, je m’intéresse à mon mode de consommation, et j’imagine que beaucoup doivent le faire avec toute cette médiatisation que ce soit sur le made in France, sur les difficultés des petits producteurs locaux, ou bien dans une démarche plus générale de cette prise de conscience d’une consommation plus éthique et responsable, que j’ai décidé de lire ce livre (merci Babelio). Ce sujet m’intéresse d’autant plus que je suis concernée (mes parents sont commerçant indépendant, eux même mis en grande difficulté par un mode de concurrence ultra agressive de la part des grandes chaines, la crise… et les attentats) .

Martine Donnette est une commerçante qui a tout perdu, et qui décide de fonder une association pour contrer l’installation des grands commerces qui détruisent le tissu commercial de petits villages ou de petites villes, par le biais du recours et de plainte. Ce qui m’a frappé ici, c’est de voir à quel point les géants du commerce que sont par exemple Carrefour ou Intermarché peuvent faire leurs magouilles en toute impunité, avec la complicité des maires, magouilles pourtant puni par la loi mais qui n’est jamais appliquée.

Ainsi l’auteure, en calculant uniquement l’amende qui serait due par les grandes surfaces pour occupation illicites de mètres carrés (en gros, par exemple si un commerce construit et exploite une surface de vente sans autorisation) dans le Loiret, les Alpes Maritimes, les Landes et les Bouches du Rhône, réalise que l’amende atteindrait 418 milliards d’euros, soit 30 fois le trou de la Sécurité Sociale.

On assiste pendant tout le livre à des actions en justice de la part de l’association de Martine, En toute franchise, qui sont très souvent rejetés sans qu’on en comprenne les véritables explications, et défiant toute logique car les infractions sont clairement identifiable rien qu’avec du bon sens,  à cause de notre loi mal faite. Mais on assiste aussi a des actions réussie, contrant la création d’hypermarchés dans certaines villes.

Cependant la lecture du dernier tiers de ce livre m’a semblé bien indigeste. En effet l’auteure commence à parler de lois, trop de lois, trop d’élus, sans que ce soit à mon sens pertinent. Ça casse complétement le rythme de de lecture, et ça a été à mon sens un peu trop fouillis.

Quoi qu’il en soit, ce livre explique bien les difficultés des petits commerçants, loin de l’image cliché de celui qui s’enrichit sur le dos des pauvres consommateurs, roulant en BMW, etc… Cette image est depuis très longtemps loin derrière eux, mais ils continuent en France à avoir une très mauvaise image dans l’imaginaire collectif. Cette lecture recadre bien la consommatrice que je suis, qui pourtant est déjà sensibilisée par son histoire familiale, en me faisant comprendre que nous pouvons changer les choses en consommant différemment.

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« V-VIRUS » Scott Westerfeld

27447_1282431Avant de rencontrer Morgane, Cal était un étudiant new-yorkais tout à fait ordinaire. Il aimait la fête et les bars, la vie insouciante du campus. Il aura suffi d’une seule nuit d’amour, la première, pour que sa vie bascule. Désormais, Cal est porteur sain d’une étrange maladie. Ceux qui en sont atteints ne supportent plus la lumière du jour, fuient ceux qu’ils ont aimés et ont une fâcheuse tendance à se repaître de sang humain. Des vampires d’un genre nouveau..

Ceci est une relecture d’une lecture datant d’un peu moins de 10 ans. A l’époque, j’ai adorée le lire. J’appréhendais donc de relire un livre que j’avais autant chéri, peur car adolescente, j’adorais lire des livres jeunesse dans lesquels je ne me retrouve plus maintenant.

Pour commencer, j’ai adoré lire ce livre. Je ne dis pas que c’est un coup de cœur comme ça l’était avant, mais c’était très plaisant à lire. Même si ce livre est classé jeunesse, il mérite désormais la classification de livre Young Adult (A l’époque cette classification ne devait sans doute pas exister 😉 ). C’est bien une histoire de vampire. Mais attention, ce n’est pas un livre cliché avec un beau brun ténébreux et une vierge peu farouche, c’est plutôt une tentative d’y coller une description plus clinique, scientifique. Du coup c’est un livre fantastique, mais un fantastique très raisonnable ;).

Alors je ne sais pas si l’explication de l’auteur parvient à rationaliser le vampirisme, ou plutôt le fait d’être positif au parasite ( vampirisme étant trop connoté pour les personnages du livre), mais en plus de ses explications sur le parasite, l’auteur prend un malin plaisir à ressortir une explication personnelle de certains faits médicaux réels, anecdotes marrantes (pourquoi un symbole de serpent enroulé sur un bâton pour représenter la médecine)… ou dégueulasses (par exemple sur le paludisme, la maladie de Crohn…), je soupçonne bien Scott Westerfeld d’être hypocondriaque.

En terme d’intrigue en lui même, j’ai trouvé l’intrigue très intéressante: un jeune adulte arrivant dans la grande ville se fait contaminer par un coup d’un soir, et son but est de retrouver sa génitrice. Ses symptômes d vampirisme se caractérisent par une force surhumaine, un penchant marqué pour la viande rouge, et surtout l’envie de sexe. Son problème, c’est que sa maladie se contamine par fluide, donc même un baiser lui est interdit. J’ai pas du tout trouvé ça gnangnan, mais très prenant, et avec des passages très drôles.

Je ne peux que vous conseiller de lire ce livre si vous en avez marre de revoir toujours le même mécanisme dans les livres de vampire.

 

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« Génération A » Douglas Coupland

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Alors que les abeilles disparaissent de notre terre, cinq personnes se font piquer au même moment en cinq endroits du monde: cette expérience partagée va les réunir au delà de ce qu’ils auraient jamais imaginé…
Plus de vingt ans après, Coupland répond ici à « Génération X » et devance une fois de plus, avec humour et profondeur, l’esprit d’une génération et de son temps.

Pour avoir lu Generation X (Il y a un bon moment quand même, j’avoue), j’ai retrouvé qu’un écho très lointain entre les deux œuvres (Ou alors toute l’œuvre de Douglas Coupland est un écho de Generation X (bref). L’intrigue principale qui est la disparition des abeilles semble être un prétexte encore une fois pour Douglas Coupland de brosser le portrait de notre société malade de l’individualisme et la solitude alors que les moyens de communications n’ont jamais été aussi diversifié.

Cela fait bizarre de voir l’auteur écrire un livre avec une intrigue (en général celui ci étant plutôt entrain d’écrire des tranches de vie), mais l’intrigue passe très vite au second plan.

Si dans la première partie du livre, nous avons la présentation de tous les protagonistes dans tous les coins de la planète, ce qui donne un savoureux mélange de n’importe quoi et des personnages hauts en couleur et toujours pathétique (un agriculteur américain beau gosse qui tond son champ en forme de pénis en étant à poil et en se filmant pour assouvir les besoins d’un riche singapourien, au français accro aux jeux vidéos qui vient de voir son personnage de world of warcraft disparaitre),  je me suis très vite ennuyée dans la seconde partie du livre (ce qui est la première fois pour un roman de Douglas Coupland!) ou les personnages se rencontrent sur une ile dans le cadre d’une expérience scientifique qui viserait à faire revenir les abeilles.

Si l’écriture est toujours très bien faite, j’ai trouvé le style de l’auteur s’essouffler, le roman étant pour moi un cran en dessous de ses autres romans. La cause à trop de digressions sous formes de nouvelles peu intéressantes et cassant la trame initiale. La déception étant pour moi la fin de l’histoire, avec une conclusion assez… déroutante, bien que toujours à l’image du roman: folle.