« Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés », Arto Paasilinna

Le très distingué professeur Surunen, membre finlandais d’Amnesty International, las de se contenter de signer des pétitions, décide de prendre les choses en main. Il s’en va personnellement délivrer les prisonniers politiques qu’il parraine en Macabraguay, petit pays d’Amérique centrale dirigé par un dictateur. Après le succès de l’évasion de cinq d’entre eux, et non sans avoir goûté à la torture des geôles locales, Surunen accompagne l’un de ses protégés jusqu’au paradis communiste, un pays d’Europe de l’Est baptisé la Vachardoslavie. Là, il découvre le triste sort d’une poignée de dissidents enfermés dans un asile psychiatrique, et s’emploie à les libérer à leur tour. 
Revisitant à sa façon Tintin au pays des Soviets, Paasilinna renvoie dos à dos les dictatures de tous bords avec une ironie mordante et un sens du burlesque accompli.


Premier livre finlandais que je lis, « Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés » ne m’a pas déçue. Je m’attendais à un récit comique et parfois même pathétique, et j’ai été admirablement bien servie par l’auteur Arto Paasilinna.
Nous avons ici un professeur de langue, lassé de faire de l’activisme dans le vent, décide d’aller voir le prisonnier qu’il parraine dans le pays de Macabraguay. Il s’agit déjà de tout une aventure pour aller dans ce pays fictif, une aventure qui le conduira à aller en URSS et croiser sur sa route un éminent spécialiste des pingouins.
Un peu à la manière de Candide de Voltaire, Surunen prend des coups, mais n’abandonne jamais. J’avais peur que l’histoire soit triste, mais que nenni. Armé de ses convictions et de ses deux passeports finlandais, Surunen va parvenir à faire évader cinq prisonniers, avant de retourner faire une escale en URSS, où il va encore une fois voir de ses propres yeux les injustices que l’ont fait subir aux dissidents politique. Armé de lui et lui-même, il décidera encore une fois de faire ce qui lui parait juste, mais de marnière toujours aussi culotté et drôle.
En dehors de la dénonciation politique de certains pays, l’auteur arrive avant tous à nous faire passer un bon moment avec ce récit amusant aux personnages attachants. Une première excursion chez les finlandais très réussi.

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« Redshirts », John Scalzi

Années 2460. L’enseigne Andrew Dahl vient d’être affecté à bord de l’Intrépide, le prestigieux vaisseau amiral de l’Union universelle. Génial ! Pas tout à fait. Les jeunes recrues de l’équipage ne tardent pas à s’en apercevoir, les sans-grade comme eux ont une fâcheuse propension à trouver une mort spectaculaire au cours des missions d’explorations alors que leurs supérieurs le commandant, le premier officier scientifique et l’héroïque lieutenant Kerensky s’en tirent toujours à bon compte. Il faut bien l’admettre : les « redshirts » sont éminemment périssables. Compris. S’ils tiennent à survivre en dépit de la couleur de leur tenue, Andrew et ses compagnons sont condamnés à résoudre le mystère et à trouver une parade.


Pour avoir lu quelques critiques dithyrambiques louant le coté humoristique de la chose, et pour avoir été distingué par un prix, j’ai été influencée pour débuter la lecture de ce space opera. Si l’histoire en lui même est tout à fait passable, je n’ai pas ressenti cette passion qui animait les chroniques mentionnés ci-dessus. Pour commencer, il y aurait apparemment à la pelle des références à des séries SF du style Star Trek ou Stargate, malheureusement n’ayant ni vu l’un, ni vu l’autre, c’était légèrement compliqué de trouver ces private jokes.

Ensuite, je n’ai pas vraiment trouvé de but à ce livre : il semblerait qu’il s’agisse d’une caricature des séries de SF, mais l’auteur prend soin de nous préciser que non. Il semblerait ensuite qu’il s’agisse d‘un livre humoristique, mais la portée humoristique a été que très limité chez moi.

Ensuite, la construction du livre en lui-même est originale (pour ne pas dire que l’auteur devait probablement souffrir d’un manque d’imagination). Nous avons, à la fin de l’œuvre principal trois appendices sur le point de vue de trois personnages, qui, pour être honnête, me semblaient bien plus sympa à lire que l’œuvre principal. Mais ce qui me gênait surtout c’était cette rupture dans le récit.

J’ai l’impression de descendre en flèche le bouquin en relisant cet article, mais c’est parce que les attentes étaient hautes. Finalement, je le considère davantage comme un amusant livre d’aventure, mais qui ne restera clairement pas dans les mémoires.

« Bonheur à gogos ! », Jean-Louis Fournier

« Au Moyen Age, quand on était malheureux, on s’enfilait une pinte de cervoise et on attendait que ça passe. Au XIXe, on a remplacé la cervoise par de l’absinthe. Et puis l’absinthe a été interdite, et le bonheur est devenu obligatoire. »

Comment être heureux ? Exercices pratiques de confiance en soi, méditation, huiles essentielles, pierre de rhinocérite, croisière du bien-être… Jean-Louis Fournier a testé pour vous les thérapies en tout genre et la montagne de petits conseils qui peuvent tout changer. Résultat : un livre drôle, sensible et d’une grande justesse, qui nous fait rire de nos petits ou grands malheurs et nous libère de la tyrannie du bonheur.


Recueil de réflexions sur la nouvelle injonction de la société, celui d’être heureux. Nous suivons les péripéties de l’auteur sur sa quête du bonheur. Malheureusement, celle-ci n’est pas si évidente à approcher. Un livre sur l’éloge du malheur ? L’auteur n’est pas quelqu’un de bon, mais bête et méchant, mais l’assume pleinement.

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui s’il n’est pas un livre plein d’humour, qui permet de passer le temps (on va dire une heure) à penser à autre chose qu’à ses malheurs : en effet, les malheurs de l’auteur sont bien plus marrants !

Un livre sans prétention, désabusé, qui permet de relativiser sur sa propre condition, et sur ses errances malheureuses sur le chemin du bien-être.

Respirez en pleine conscience.

Entraînez-vous à rester en apnée le plus longtemps possible. Certains sages indiens arrivent, à force de volonté, à des apnées très longues.
Inspirez longuement.
Quand vous aurez atteint une heure en apnée, expirez.
Vos douleurs, vos angoisses, vos obsessions, vos idées noires, ont miraculeusement disparu.
Vous avez atteint le repos éternel. 
Vous êtes mort.

CONFIANCE EN MOI.

Il dit que je dois me faire confiance. Il me recommande de faire confiance à quelqu’un qu’il ne connait pas, c’est d’une grande légèreté.
On ne fait pas confiance à n’importe qui.
Est-ce-que je mérite ma confiance?
Moi qui me connais mieux que lui ne me connaît, je ne crois pas .
Je suis capable de tout, je me raconte des histoires, je me suis menti, je me suis bluffé, je me suis souvent déçu.
Je n’ai aucune raison de me faire confiance.

ALLÔ, BONJOUR, COMMENT VAS-TU ? 

Elle a gloussé et elle a dit : « Que du bonheur. » 
J’ai raccroché. 
Qu’elle aille se faire foutre la pintade. 
Depuis que tout va mal, jamais expression n’a été aussi « tendance ». 
On est obligé d’être heureux. 
Le bonheur à perpète… 
Aucune excuse. 
Si on est malheureux, c’est vraiment qu’on le cherche. 
Les malheureux sont mal vus, ils doivent raser les murs, se cacher. 
Avoir honte.

« Toutes les familles sont psychotiques », Douglas Coupland

2001, dans une Floride en technicolor, les Drummond sont réunis pour assister au départ dans l’espace de la cadette Sarah. Divorce, Sida, drogue, lettres anonymes, coups de feu, chantage, marché noir, sous la plume de Coupland, la comédie burlesque devient une épopée moderne, une satire irrésistible de notre époque vue à travers la folie d’une famille américaine moyenne.


Sarah, l’unique fille de la famille Drummond est astronaute et va décoller pour une mission spéciale. L’occasion pour la NASA d’inviter les familles, les amis, et la presse pour fêter cette mission incroyable !

Mais si Sarah l’astronaute a réussi et semble bien sous tout rapport (hormis sa malformation de naissance qui lui priva d’une main), ce n’est pas le cas de sa famille qui n’essaye même pas de paraître respectable : en effet, Wade le grand frère est qui dirait… en prison, pour une obscure bagarre dans un bar, bagarre forcement accidentelle, Bryan, le petit frère, semble avoir été bercé trop près du mur petit, et a raté sa énième tentative de suicide. Janet, elle semblerait plus normale, si son regard ne révélait pas qu’elle a complètement abandonnée l’idée de vivre, et enfin Ted, le père, entiché de sa potiche Nicky semble essayer de maintenir un train de vie bling bling, mais est non seulement fauché, mais a aussi un léger problème de gestion de colère et d’alcoolisme.

Pourquoi pas. Nous savons tous que malgré la façade de chaque famille, chacun a ses casseroles à traîner, ses névroses, ses maladies, les Drummond ne sont pas plus pathétiques que les autres, n’est-ce pas ?

Et c’est ici la puissance de Coupland. Si, cette famille est horrible, malade, pourrie. A force de non-dit, cette réunion familiale autour de Sarah va exploser, va virevolter, et va vivre des aventures folles. En prenant cette famille canadienne, Coupland s’attaque à la cellule familiale de manière caustique, des liens qui unissent les uns entre les autres, du consumérisme occidental, de la solitude. Mais la rédemption n’est pas loin, et ces personnages tant malmenés par Coupland, si pathétique que cela en devient jubilatoire, vont pouvoir faire la paix.

Un roman que j’avais déjà lue il y a une dizaine d’année, qui m’avait tant marqué que je me suis décidée, une décennie plus tard, de le relire. La folie de Coupland commence vraiment à émerger à mon sens avec ce roman, sortie en 2001. Douglas, avec son sens de la formule, décerne des uppercuts dans tous les sens, fait vivre à ses personnages des situations rocambolesque, leur faisant perdre toute dignité, avant de les relever, et de nous livrer une réflexion incroyable sur la famille.

Les gens sont très indulgents pour la famille des autres. La seule qui vous horrifie vraiment, c’est la vôtre.

« jPod », Douglas Coupland

jPod de Douglas Coupland

Plongée fatale dans le monde des geeks : Microserfs à l’ère Google ! Enfermés dans jPod, un studio de jeux vidéo à Vancouver, Ethan et six codeurs sont torturés par le service marketing et les défis idiots qu’il leur inflige.
Un univers amoral et échevelé où la culture de marijuana, le trafic de clandestins, la danse de salon et l’essor de la Chine font et défont le quotidien dysfonctionnel d’Ethan. Jeux de mots et bizarreries visuelles : Douglas Coupland, à son meilleur, décortique une vie et des personnages à la fois produits et créateurs de leur époque.


Tout commence très simplement : Ethan est un programmeur informatique dans une boite de jeu vidéo. Ensuite, sa mère l’appelle pour cacher le meurtre d’un biker et amant, meurtre à la suite d’un désaccord dans les affaires de drogue, car oui, sa mère est trafiquante. A partir de là, s’enchaine de manière complètement improbable toute sorte de situation, ponctué de pensées profonde, ou moins profonde.

Les jPoders, c’est 6 personnages haut en couleur, chacun avec leurs névroses, pas un pour rattraper l’autre. Peut-on les traiter de cas sociaux ? oui, on pourrait.

Le but des jPoders est d’en faire le moins possible sans que cela ne se voit : du coup, pour tuer le temps, ils discutent et écrivent. Ecrivent quoi ? des lettres d’amours à Ronald McDonald, des annonces Ebay pour se vendre, ou de tournois de Tetris.

– Qu’est-ce que vous faites ?
– On fait un concours : on essaie de voir s’il existe un moyen de traverser une pièce avec un couteau à la main sans avoir l’air d’un psychopathe.
– Et?
– C’est impossible.

Car ces jPodeurs sont blasés : blasés de troquer une vie de créatif entrecoupé de chômage contre une vie de codeur qui voit son travail bousillé aux grés des envies des gens du service marketing qui s’emploient tant bien que mal à saborder le jeu (un jeu de skate, qui devient un jeu de skate avec un acolyte tortue, pour finir par devenir un jeu fantasy qui sera finalement annulé).

La vie est ennuyeuse, mais ça pourrait être pire et ça pourrait être mieux. Nous acceptons le fait qu’une entreprise détermine notre train-train quotidien. C’est la concession à faire pour ne pas être des créatifs en proie au chômage chronique, et nous le savons. Plus jeunes, nous faisions au moins mine de ne pas être dupes en laissant des numéros de Casseurs de pub sur nos bureaux. Après quelques années, ça n’a tout simplement plus d’importance. Vous cherchez des blagues ou des fichiers .wav divertissants sur le Net. Vous téléchargez de la musique. Un nouveau projet se présente, puis vous assistez à sa lente asphyxie dans les salles de réunion. Toutes les idées semblent avorter. L’air a la même odeur que cinq cents feuilles de papier.

jPod était mon premier livre de Coupland, et c’est grâce à lui que je suis tombée in love de l’auteur. Parce que c’est mon livre préféré et que je n’avais jamais relu ce livre, je me suis dit qu’il fallait que je le relise pour en parler ici. Pour avoir lu les ¾ de Microserf (un roman sorti 1995, roman imbuvable tant elle est liée à la technologie, technologie désuète maintenant, qui faisait que je ratais toutes les références), j’avais peur que jPod ait aussi mal vieillit que Microserf (jPod qui a été écrit en 2006). Pourtant que nenni, le livre est toujours aussi drôle, burlesque et satirique. Coup de cœur la première fois, coup de cœur à la relecture, si je devais conseiller un seul roman de Douglas Coupland ça serait celui-ci.

En nettoyant son disque dur, Cow-Boy a retrouvé des vieux spams sur l’augmentation de la taille du pénis qu’il avait sauvegardés en 2003. Nous nous sommes tous devenus sentimentaux devant ce bref moment historique o un Internet jeune et fougueux nous promettait des lendemains meilleurs avec tous ces cachets gratuits de Viagra, d’Ambien, de Vicodin, d’OxyContin et ces membres grossis que nous étions prêts à accepter.

« Anita Blake, tome 26 : Serpentine », Laurell K. Hamilton

Une aventure d’Anita Blake, tueuse de vampires

La Floride est l’endroit rêvé pour le mariage d’Edward, marshal fédéral et meilleur ami d’Anita. C’est également pour elle et ses amoureux Micah et Nathaniel l’occasion de profiter de vacances bien méritées. Mais ce paradis tropical recèle aussi une nouvelle forme de lycanthropie, une malédiction qui accable une famille depuis plusieurs générations, réduisant le corps humain à une masse grouillante de serpents…

Lorsqu’une dispute éclate parmi les invités du mariage et que plusieurs femmes disparaissent de l’hôtel, les amis et amants d’Anita figurent parmi les suspects principaux. Une force mystérieuse est à l’œuvre, réduisant tous ses alliés à l’impuissance. Pour assurer leur survie, Anita est prête à tout, même à accepter une aide qui risque de s’avérer mortelle, et dont le prix à payer risque d’être bien plus lourd que prévu…


Dans un monde identique au notre mais dans lequel le surnaturel est admis, Anita Blake, chasseuse de créature et Marshall des Etats-Unis, reine des vampires, et personne probablement la plus puissante d’un point de vue magique au monde, s’apprête à assister au mariage d’Edward, collègue de travail et chasseur aussi redouté qu’elle, si ce n’est davantage.

Parce que les créatures surnaturelles ne savent vraiment pas se tenir et parce que notre chasseuse est indispensable, il faut que ce mariage soit mis au second plan le temps d’une enquête sur un crime d’origine surnaturel.

Je ne sais pas si c’est du au fait que j’ai arrêté de binge reader cette série puisque je suis à jour, mais j’ai trouvé ce tome bien plus digeste que les tomes précédents. Ce tome, c’est l’une des raisons qui a fait que j’aimais Anita Blake : une enquête policière, du sexe mais pas trop (pas de partouze, de viol, ou de zoophilie, gosh !), ou si parce que Anita est plus mesurée qu’avant (vive les thérapies !), mais elle me paraissait tout à fait supportable.

Le retour d’Otto/Olaf, psychopathe obsédé par Anita, qui ne rêve que de la baiser puis de la tuer (quel que soit l’ordre) promettait d’être ennuyeux, mais bizarrement celui-ci s’est assagie, le rendant presque supportable. Nous avons ce qu’il en est : c’est le calme avant la tempête, et ça promet !

Le seul point dommageable c’est qu’il y a énormément de répétition, d’un chapitre à l’autre, une remarque que j’avais déjà formulé dans le tome précédent : Laurell K. Hamilton est-elle payée au mot ?  Mais rien de vraiment agaçant.

Du coup je donne la note de Bien, mais du BIEN bien, pas le bien-mais-bof que j’ai l’habitude de donner à cette auteure. J’espère qu’elle continuera dans cette veine pour les prochains tomes !

« Khalil », Yasmina Khadra

Paris, ville des lumières, nous sommes le Vendredi 13 novembre 2015. L’air est encore doux pour un soir d’hiver. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d’explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l’acte. Il fait partie du commando qui s’apprête à ensanglanter la capitale.
Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ?
Dans ce nouveau roman, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d’un réalisme et d’une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l’esprit d’un kamikaze qu’il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l’insoutenable brutalité de la folie 


Khalil, c’est l’histoire d’un homme paumé, à Molenbeek, qui va devenir un acteur des attentats du 13 novembre 2015. C’est un paumé, un mec qui vit avec des gens qu’il n’aime pas, qui a échoué dans la vie, et qui se retrouve dans une mouvance islamiste.

Khalil, qu’on ne cesse de renvoyer à son arabité, Khalil, qui ne cesse d’avoir un discours victimaire, Khalil, chez qui quelque chose se fissure et qui ne voit que son salut dans le djihad, ne peut désormais compter que sur lui-même : sa ceinture n’a pas explosé, lui qui s’attendait à rejoindre le paradis, est condamné à rester un jour de plus Terre. On suit avec avidité la suite du restant de sa vie, ou il pense qu’il va se faire répudier du mouvement en traitre, lui qui a été trop lâche pour commettre son sacrifice.

Je ne suis vraiment pas fan de ce genre de bouquin en règle générale, tout ce qui a plus ou moins très à quelque chose de communautaire me détecte fortement : ici, il y a combo : si on est terroriste, c’est parce que on a entendu une remarque raciste. Bref, a priori, tout ce qu’il y a pour qu’à la fin de ma lecture je brule le bouquin.

Pourtant ici, est-ce sujet traité, sujet si délicat et pourtant conté de manière si prenante, est-ce le désespoir de Khalil et de ses proches, qu’il ne peut que blesser, et décevoir, est-ce l’engrenage dans lequel il est pris, mais je n’ai pu décrocher de cette lecture.

Je ne dirai pas que je suis sortie de cette lecture indemne, je pense que c’est encore trop tôt pour que je puisse prendre du recul. Je ne dirai pas que j’ai adoré le livre ou que je l’ait détesté, encore une fois le sujet est encore trop sensible pour que je puisse me faire une opinion définitive dessus. Je dirai simplement que la lecture, pourtant difficile était facile grâce au talent de l’auteur, et que j’ai été prise dans cette histoire.