« Les mille et une guerres de Billy Milligan », Daniel Keyes

Lorsque Billy Milligan est transféré à l’hôpital d’Etat pour malades mentaux criminels de Lima, dans l’Ohio, il ne sait pas encore que débute pour lui une effroyable descente aux enfers. Passage à tabac, racket, camisole chimique, électrochocs, trahisons et suicides… Dans cet univers de violence et de folie, Tommy, le roi de l’évasion ; Arthur, l’intellectuel sophistiqué ; Ragen le Yougoslave brutal et les 21 autres « habitants » avec lesquels le lecteur avait fait connaissance dans Les Mille et une vies de Billy Milligan devront faire appel à toutes leurs ressources pour survivre. Le récit de ces douze années de lutte acharnée contre l’inhumanité des institutions médicales et judiciaires, l’opportunisme des politiciens, le cynisme médiatique, mais aussi contre le désespoir et la tentation du suicide, se lit comme un palpitant roman d’aventure psychologique. Les 1001 guerres de Billy Milligan, en effet, se livrent également dans les profondeurs de son âme, où pour recouvrer la maîtrise de son destin, il devra se résoudre à affronter son plus grand ennemi : lui-même.

Nous avions quitté Billy Milligan plus désespéré que jamais dans « Les mille et une vies de Billy Milligan », nous nous attardons cette fois ci, dans « Les mille et une guerres de Billy Milligan » sur son passage à l’hôpital de Lima, une institution psychiatrique pour les criminels mentalement atteint les plus dangereux qui soient.

Petit rappel de qui est Billy: Il faut savoir déjà que ce livre est une histoire vraie, tant l’histoire de Billy parait romanesque.
Un américain surdoué, ayant vécut une enfance traumatisante (son beau père l’a violé et battu pendant 5 ans) développe le syndrome de personnalités multiple pour préserver le Billy originel de toute cette souffrance. Au total, 24 personnalités complètement différentes les unes des autres habitent le corps de cette personne, et l’une d’elles va commettre trois viols qui emmèneront Billy une nouvelle fois en prison. Dans le tome 1, nous avions la biographie de Billy: comment a t-il vécut durant sa plus tendre enfance jusqu’à son internement à l’hôpital d’état de Lima, et dans ce tome les péripéties du protagoniste qui essaye de s’en sortir malgré des conditions de détentions d’une violence extrême, et avec beaucoup de personnes qui feront de ce cas une affaire personnelle, tant le cas Milligan suscite des passions. Certains s’emploieront à maintenir Billy en prison en produisant de faux témoignages, en bafouant ses droits,  en le maltraitant, certains qui mettront même un contrat sur sa tête tant ils le préfèrent mort,   d’autres s’acharneront pour que justice soit rendue, s’acharneront jusqu’à la mort.
Sans compter les politiciens, journalistes, et personnel pénitencier en mal de gloire qui feront tout pour provoquer polémique sur polémique dans les médias.

Un livre passionnant dans la même veine que le premier, bien que la fascination est retombée: je voyais dans le premier tome Billy comme un être insaisissable et mystérieux, mais dans ce second tome comme un malade qui souhaite s’en sortir mais qui n’y arrivera que trop difficilement.

Véritable critique des institutions pénitentiaires de l’Ohio, dont beaucoup (la plupart?) des membres dont des personnes non expérimentés et non qualifié pour occuper le poste qu’ils occupent, ce livre est toujours interdit de publication aux USA. Après être publié au Japon et à Taïwan, la France est le troisième pays à publier le tome 2 de la biographie de William « Billy » Milligan.

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« Les mille et une vies de Billy Milligan », Daniel Keyes

Quand la police de l’Ohio arrête l’auteur présumé de trois, voire quatre, viols de jeunes femmes, elle pense que l’affaire est entendue : les victimes reconnaissent formellement le coupable, et celui-ci possède chez lui la totalité de ce qui leur a été volé. Pourtant, ce dernier nie farouchement. Son étrange comportement amène ses avocats commis d’office à demander une expertise psychiatrique. Et c’est ainsi que tout commence…
On découvre que William Stanley Milligan possède ce que l’on appelle une personnalité multiple, une affection psychologique très rare. Il est tour à tour Arthur, un Londonien raffiné, cultivé, plutôt méprisant, Ragen, un Yougoslave brutal d’une force prodigieuse, expert en armes à feu, et bien d’autres. En tout, vingt-quatre personnalités d’âge, de caractère, et même de sexe différents !

Un livre qui était dans ma PAL depuis que j’ai vu le film Split, qui en fouinant ai compris que cet ouvrage avait inspiré le réalisateur. Il s’agit également du premier livre lu pour le challenge des séries.

Un coup de cœur pour ce livre racontant une histoire vraie sur plus de 600 pages. Nous suivons les aventures de William « Billy » Milligan, un délinquant qui se fait coffrer pour vol, enlèvement et viol de trois femmes. En fouillant dans son casier, on voit que ce n’est pas la première fois qu’il commet ce genre de délit. On sait aussi qu’il a été interné en hôpital psychiatrique. Au fil des pages, les avocats de Billy, et les médecins, les psys et les journalistes comprennent que pour éviter la prison, Billy va devoir plaider la folie pour être déclaré irresponsable.

Mais vérité ou simulation? Le diagnostic posé est que cet homme est un malade présentant des troupes dissociatif  multiple. C’est assez simple, chez lui, 24 personnalités (ou personne plutôt ) habitent ce corps. Lorsque l’un apparaît, les autres disparaissent, ce qui met Billy dans l’embarras, puisqu’il n’a aucun souvenir des actes commis par les autres habitants lorsqu’ils prennent « le projecteur ». C’est assez commode de dire qu’il n’a pas pu commettre ces viols dont il est accusé puisqu’il n’en a aucun souvenir, n’est ce pas ?

C’est ainsi que durant tout le procès que l’auteur Daniel Keyes, connu pour son excellent livre Les fleurs d’Algernon, va rencontrer Billy et essayer de collecter suffisamment d’informations pour écrire un livre sur sa vie.

Nous avons le point de vue de Billy, qui est incapable de comprendre d’où viennent ses amnésies car il n’est pas conscient du fait que plusieurs autres personnes habitent ce corps. Ces personnes sont très différentes les unes des autres, que ce soit vocalement, mimiquement, intellectuellement, psychologiquement. Comment serait ce possible pour Billy de feindre cette maladie ? Non, c’est forcément vrai… ou pas ? Après tout est une histoire tiré par les cheveux .

Coup de cœur pour ce livre que j’ai dévoré en un week end, tant j’ai été transporté par cette histoire. Nous avons ici une biographie de la vraie vie de Billy Milligan, avec le point de vue de toutes les personnes qui composent ce corps. Ce livre est un régal pour tout lecteur qui aime les récits de personnes instable psychologiquement, et j’ai appris que les droits ont été achetés pour faire un film avec Leonardo DiCaprio 😋.

Je ne peux que vous conseiller de le lire.

Lu dans le cadre du challenge des séries

Greys anatomy Lire un livre où le personnage principal est un médecin ou est malade
« Les mille et une vies de Billy Milligan », Daniel Keyes

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Et voici la bande annonce de SPLIT

« 13 Raisons – 13 reasons why », Jay Asher

Si tu entends ce message, il est déjà trop tard. Une nouvelle édition du best-seller international de Jay Asher, avec des photos exclusives du tournage de la série événement NETFLIX. Clay Jensen ne veut pas entendre parler des enregistrements qu’Hannah Baker a laissés. Hannah est morte, ses secrets avec elle. Pourtant, son nom figure sur […]

« Ladyboy » Perrine Andrieux

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À quoi reconnaît-on que l’autre est authentique ? Lorsqu’elle rencontre celui qui deviendra son grand amour, Jade n’est pas encore Jade, elle est toujours captive d’un corps de garçon adolescent. Pourtant, Stéphane la reconnaît, il devine celle qui partagera le reste de sa vie. Se tisse alors une relation unique ; mais se défait-on jamais vraiment de son genre de naissance ?
Découvrez un amour ultramoderne entre deux continents, entre deux langues, un couple attachant, complexe, un couple vrai.

C’est la première fois que je lis un roman sur le thème de la transsexualité, et c’est aussi la première que je lis un roman sur la Thaïlande. Plusieurs facteurs qui font donc que j’étais plutôt impatiente de commencer ce roman, et je remercie au passage Babelio pour l’envoi de celui-ci.

Nous commençons donc avec Jade, transsexuelle assumée qui à du mal a faire accepter cela à sa famille conservateur, malgré une société en plein bouleversement. Fils d’une famille bourgeoise, son véritable genre n’est que toléré par sa grande famille qui avait d’autres ambitions pour elle, autrement plus élevé que celle de se cantonner à être femme au foyer et traductrice n’arrivant à vivre de son métier.

Nous suivons de l’adolescence de cette personne qui ne comprends pas pourquoi nous n’arrivons qu’à la réduire à son genre de naissance, faux par ailleurs. Adolescence tourmentée, dépression, anorexie, elle trouvera son salut par la rencontre de Love, transsexuelle qui arrive à mettre un mot à ses maux, celui de Ladyboy. Celle-ci l’initie à quelques astuces afin de faire accepter sa véritable identité auprès des siens: savoir mettre de l’eau dans son vin, quitte à se travestir, par exemple, jusqu’à sa rencontre avec Stéphane, parisien qui exerce le métier de traducteur franco-thai. De la, nait une passion intense entre les deux protagonistes, ou plutôt une passion intense de la part de Jade pour Stéphane. Celle-ci va littéralement les consumer jusqu’à frôler la mort. S’en suit ensuite une remise en cause de l’existence du couple, de la notion d’amour, de passion, pour atteindre enfin la sagesse.

Pour aimer une histoire, il faut une personne sur lequel on arrive à prendre en empathie, ce qui n’a pas été le cas dans celui-ci. Ceci explique donc ma mauvaise note. Jade est une personne capricieuse, dramaqueen, et dépendante affectivement. Cette dépendance affective va pourrir sa relation de couple, sa relation avec son amie Love. Jalouse, possessive, j’ai du mal à suivre le revirement de situation ou elle atteint une forme de lucidité dans la toute dernière partie du livre. Cette sagacité me parait beaucoup trop peu crédible. Mention spéciale cependant pour le personnage de Love, pour qui la vie ne l’épargne pas. J’ai trouvé ce personnage beaucoup plus crédible, et touchante. Transsexuelle également, son village la rejette par par des superstitions ancestrales, et s’ensuit une quête de l’amour, une quête du soi, une quête tragique mais o combien émouvante.

L’écriture est très bonne, très fluide mais de bonne qualité. J’ai cependant une critique à faire, c’est que l’auteure entrecoupe la trame principale pour des sujets secondaires comme celui du métier de traducteur, ou sur la culture  et l’histoire thaïlandaise, qui m’a parue beaucoup trop redondante dès le premier tiers du roman, chose qui m’a presque poussée à abandonner sa lecture. Le fait est que ces passages, en plus de casser le rythme de l’intrigue m’ont paru trop redondante et trop longue.

« Seventeen » Kenzaburô Oé

Kenzaburo Oe - SeventeenUn adolescent fête ses dix-sept ans dans l’indifférence de sa famille en pleine décomposition.
Complexé mal dans sa peau incompris de ses parents il est terriblement frustré.
Obnubilé par ses pulsions sexuelles il s’est replié sur lui-même et toise ses camarades d’un regard méprisant. Il constitue une proie idéale pour les militants d’extrême droite qui recrutent des jeunes pour donner la claque lors des meetings du parti de l’Action Impériale.

Inspirée de faits réels cette nouvelle du grand maître de la littérature japonaise contemporaine (Prix Nobel de littérature 1994) nous plonge dans le mal-être du Japon des années soixante.

Un bon gros malaise pendant la lecture, car l’auteur a bien insisté dans la description de l’age ingrat. Un mec qui frustré, qui estime mériter davantage d’attention qu’il n’en reçoit, qui souhaite être intelligent mais qui est conscient de sa bêtise et de son ignorance, et qui s’adonne aux plaisirs solitaires h24 puisque c’est sa seule façon de se sentir un peu puissant. Puis un jour, il se retrouve dans un meeting d’extrême droite et l’adolescent boutonneux, victimisé se transforme en militant haineux qui n’a plus peur de rien, dans une violence inextricable et un épanouissement personnel indéniable.

Ce roman est totalement applicable à notre société actuelle, ou des gens paumés  ou en colère se tournent vers le front national ou vers daesh, puisque désespérés, ils voient en ces entités un moyen de réparer par la force l’injustice dont ils pensent avoir été victime. C’est assez effrayant de voir un adolescent en colère s’épanouir uniquement dans un partie d’une violence extrême, dans indifférence de sa famille, et dans l’admiration et la crainte de ses camarades.

Je ne vais pas dire que j’ai adoré cette nouvelle, mais je en peux nier qu’il fait réfléchir sur ce qui se passe actuellement.