« Redshirts », John Scalzi

Années 2460. L’enseigne Andrew Dahl vient d’être affecté à bord de l’Intrépide, le prestigieux vaisseau amiral de l’Union universelle. Génial ! Pas tout à fait. Les jeunes recrues de l’équipage ne tardent pas à s’en apercevoir, les sans-grade comme eux ont une fâcheuse propension à trouver une mort spectaculaire au cours des missions d’explorations alors que leurs supérieurs le commandant, le premier officier scientifique et l’héroïque lieutenant Kerensky s’en tirent toujours à bon compte. Il faut bien l’admettre : les « redshirts » sont éminemment périssables. Compris. S’ils tiennent à survivre en dépit de la couleur de leur tenue, Andrew et ses compagnons sont condamnés à résoudre le mystère et à trouver une parade.


Pour avoir lu quelques critiques dithyrambiques louant le coté humoristique de la chose, et pour avoir été distingué par un prix, j’ai été influencée pour débuter la lecture de ce space opera. Si l’histoire en lui même est tout à fait passable, je n’ai pas ressenti cette passion qui animait les chroniques mentionnés ci-dessus. Pour commencer, il y aurait apparemment à la pelle des références à des séries SF du style Star Trek ou Stargate, malheureusement n’ayant ni vu l’un, ni vu l’autre, c’était légèrement compliqué de trouver ces private jokes.

Ensuite, je n’ai pas vraiment trouvé de but à ce livre : il semblerait qu’il s’agisse d’une caricature des séries de SF, mais l’auteur prend soin de nous préciser que non. Il semblerait ensuite qu’il s’agisse d‘un livre humoristique, mais la portée humoristique a été que très limité chez moi.

Ensuite, la construction du livre en lui-même est originale (pour ne pas dire que l’auteur devait probablement souffrir d’un manque d’imagination). Nous avons, à la fin de l’œuvre principal trois appendices sur le point de vue de trois personnages, qui, pour être honnête, me semblaient bien plus sympa à lire que l’œuvre principal. Mais ce qui me gênait surtout c’était cette rupture dans le récit.

J’ai l’impression de descendre en flèche le bouquin en relisant cet article, mais c’est parce que les attentes étaient hautes. Finalement, je le considère davantage comme un amusant livre d’aventure, mais qui ne restera clairement pas dans les mémoires.

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« Prime Time », Jay Martel

A l’insu de ses habitants, la Terre est depuis des décennies le programme de télé réalité le plus suivi de la galaxie. Tous se régalent depuis longtemps des aventures des Terriens, ces êtres primaires, aussi stupides qu’arrogants, qui, à force de guerres, de pollution, de décisions irrationnelles, s’approchent chaque année un peu plus de l’autodestruction. Leurs aventures sexuelles, religieuses, politiques ont souvent été irrésistibles. Puis, peu à peu, l’audience s’est mise à chuter. Les spectateurs se sont lassés. Inutile d’épiloguer : vous faites partie du spectacle, après tout, vous savez ce qu’il en est. Aussi les producteurs ont-ils décidé d’arrêter les frais. Et ils préparent en secret un dernier épisode destiné à marquer durablement les esprits : la fin du monde, prévue dans trois semaines. Un seul homme, bien malgré lui, va avoir la possibilité de sauver la planète. Scénariste has been un peu déplumé et travaillé par une libido dévorante, Perry Bunt va en effet lever le voile sur la conspiration. Hélas pour nous, il n’a pas grand chose d’un héros !


En commençant ce livre, je ne pensais pas que ce livre serait aussi drôle ! J’avais l’impression de lire un mix de Douglas Adams, et de Douglas Coupland (Coïncidence ? Je ne crois pas !) Douglas Adams pour le coté voyage galactique, et Douglas Coupland pour le coté satirique.

Bien que bien plus politiquement correct que Douglas Coupland, Prime Time de Jay Martel livre un récit drôle et cynique sur la télé réalité, les Etats Unis, et l’humanité en général.

Le livre commence direct dans l’humour, avec Perry Bunt, scénariste raté qui devient prof de scénario, haïssant ses élèves qui pensent être le prochain Tarantino, inventant des scénarios les plus improbables les uns que les autres. Ce qui est cocasse, c’est que le livre en lui-même passe d’une scène improbable à une autre. Le point d’orgue vient à mon sens, lorsque notre héros créé sans le vouloir une religion, le MONPOTISME, dû à une seule intervention malheureuse du style « ce cupcake ne sera pour personne !! »

Mais revenons à nos moutons : ce scénariste d’Hollywood devenu prof de scénario, découvrira après moult péripéties, que la terre n’est qu’un lieu de tournage pour des extraterrestre en mal de divertissement.

La Terre, concentré de vice et de bêtise, commence cependant à lasser les extraterrestres, qui décident de clôturer leur émission avec un final explosif : c’est là qu’intervient Perry Bunt.

Ce personnage, héros d’une télé réalité extraterrestre sans le vouloir, va vivre moult péripéties pour sauver cette planète, et je ne vous cache pas que sa fierté va en prendre un coup.

Un livre drôle, à mettre dans toutes les mains.

Lorsqu’il était scénariste reconnu, Perry avait rencontré beaucoup de belles femmes, il avait même eu quelques rendez-vous avec des stars de cinéma (brefs, toutefois, et sans baisers à la clé). Il y avait même eu, dans la vie de Perry, des périodes où pouvait passer des semaines sans voir une femme avec laquelle il aurait pu avoir envie de coucher- à Hollywood, on avait en effet tendance à encourager les femmes pas très jolies à quitter les lieux où aller se cacher dans la cave. Dans les films, on allait encore plus loin dans l’éradication des pas beaux. C’est pourquoi, dans les scénarios de Perry, chaque nom d’héroïne était suivi d’une description du personnage qui tenait en deux mots : EXTREMEMENT BELLE ; sauf si l’héroïne était une femme qu’on aurait eu du mal à imaginer comme extrêmement belle, par exemple une vieille ouvrière agricole ou une poissonnière infirme, auquel cas Perry la décrivait comme EXTREMEMENT BELLE MAIS D’UNE BEAUTE REALISTE. Les producteurs film auraient lu n’importe quoi d’autre, tel que PAS MAL POUR SON AGE ou JOLIE MALGRE SON HANDICAP, ils n’auraient pas tenu le choc. EXTREMEMENT BELLE MAIS D’UNE BEAUTE REALISTE, c’était le minimum.

« VOX », Christina Dalcher

Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…
Christina Dalcher nous offre avec Vox un roman dystopique glaçant qui rend hommage au pouvoir des mots et du langage.


Aux Etats-Unis, un nouveau gouvernement décide d’installer une nouvelle ère, celle du fondamentalisme religieux, des femmes aux 100 mots, reléguées en tant  que femme au foyer, à la communauté LGBT dans les camps, et les femmes incasable dans des lieu de prostitution, Jean, femme au foyer et ancienne neuroscientifique est appelée à sauver le frère du président, victime d’un problème cérébral. En échange, on lui enlèvera le compteur de mot… le temps de la mission.

Un livre saisissant, une lecture prenante, Vox est La servante écarlate en plus clair, plus digeste. Juste le début qui diverge: Au lieu d’une dictature due à un problème sanitaire (la stérilité), ici ce sont des hommes peu confiant en leur virilité (le sexisme). C’est comme si elle avait pris tout les ingrédients de La Servante Écarlate, et avait viré les mauvais côtés. Si l’histoire ne révolutionne donc pas le genre, j’ai quand même adorée le lire!

L’héroïne est tout simplement attachante, je me sens vraiment à ses côtés, impuissante comme elle, à rager contre ces feminazis, avant de regretter  la disparition de ces même feminazis, à maudire son mari, passif donc complice du gouvernement, et à s’empêcher de tuer son fils devenu un inconditionnel du régime. Elle crie intérieurement son désespoir, et nous ne pouvons que crier avec elle.

La lecture fluide à beaucoup aidé à m’intégrer à l’histoire, et nous fait réfléchir aux dérives des extrémistes.

Ainsi si je devais conseiller entre Vox – Quand Parler tue et La servante écarlate, je dirai : Lisez Vox, et regardez la série La Servante Écarlate.

Bande Annonce du livre VOX

« Nous sommes Bob, tome 1 : Nous sommes Légion », Dennis E. Taylor

noussommesbob_orgBob Johansson vient de vendre son entreprise d’informatique et a hâte de pouvoir enfin profiter de la vie. Tant de lieux à visiter, de livres à lire et de films à voir… Il est donc un peu injuste qu’il se fasse écraser en traversant la rue.

Lorsque Bob revient à lui, un siècle plus tard, c’est pour découvrir que les « congelés » n’ont aucun droit, et qu’il appartient désormais au gouvernement. Téléchargé dans un ordinateur, il est pressenti pour devenir l’IA aux commandes d’une sonde interstellaire destinée à la recherche de planètes habitables. Les enjeux sont considérables. S’il refuse cet honneur, on l’éteindra, et un autre prendra sa place. S’il accepte, il deviendra une cible de choix. Au moins trois autres puissances tentent d’être les premières à envoyer leur sonde, et tous les coups sont permis. Pour Bob, l’endroit le plus sûr, c’est dans l’espace, le plus loin possible de la Terre. C’est du moins ce qu’il croit. Parce que l’univers regorge de mauvaises surprises, et les intrus sont mal vus. Très mal vus…


Compliqué à décrire. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais en lisant ce livre, mais une chose est sûr, je n’ai pas pu apprécier pleinement ce livre. L’intrigue est assez fidèle au quatrième de couverture, rien à dire. Le livre promet cette intrigue, et c’est le cas. Pourtant j’ai l’impression de passer à côté de quelque chose. Laissez-moi m’expliquer.

Le début est tout simplement génial. Nous avons Bob, un prétentieux CEO, qui a comme passion première les sondes de von Neumann (sonde autoréplicative fonctionnant sur le principe des imprimantes 3D), et qui vient de vendre son entreprise. Celui-ci meurt d’un accident de voiture. Chance sur lui, il avait signé un contrat avec une entreprise de cryogénisation, qui lui garantissait de le faire revivre après sa mort, lorsque les recherches scientifiques leur en donneront la possibilité.

Nous sommes un siècle plus tard. La géopolitique a complètement changé, les fondamentalistes au pouvoir, et il est désormais un programme informatique. Une intelligence artificielle. Nous assistons avec intérêt à sa progression en tant qu’être artificiel, à ses réflexions, et à ses discussions avec le docteur Landers, celui-qui est chargé de l’évaluer sur son état psychiatrique. S’il passe tous les tests, il deviendra l’IA d’une sonde Von Neumann, sinon on l’éteindra.  Le début est drôle, avec un rythme soutenu, et le personnage nous semble infiniment sympathique.

A partir du moment où le personnage est envoyé dans l’espace pour se répliquer afin de coloniser l’espace, l’auteur me perd. Serait-ce à cause d’innombrable référence geek que je ne connaissais pas ? A ses explications de données scientifique auquel je ne comprends absolument pas ? Mais parce que le dessein de Bob est de parcourir l’univers, nous assistons au début avec curiosité à ses dédoublements, puis nous le subissons par la suite. Le rythme devient lent, l’ennui commence, et les points de vue des nombreux Bob, à l’intérêt inégal fait que je décroche bien vite, tant cela devient pénible à lire.

Je donne la note « Bien » pour la première partie du livre, et pour l’intrigue au globale qui me semble original, mais il ne méritera pas plus car la lecture à été très compliqué pour moi. Selon moi, le livre est (trop) calibré pour les geeks ayant une sensibilité particulière pour le hard science-fiction, ce qui n’est pas mon cas.

 

« Blade runner / Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? », Philip K. Dick

1768_blade-runner_NLLe mouton n’était pas mal, avec sa laine et ses bêlements plus vrais que nature les voisins n’y ont vu que du feu. Mais il arrive en fin de carrière : ses circuits fatigués ne maintiendront plus longtemps l’illusion de la vie. Il va falloir le remplacer. Pas par un autre simulacre, non, par un véritable animal. Deckard en rêve, seulement ce n’est pas avec les maigres primes que lui rapporte la chasse aux androïdes qu’il parviendra à mettre assez de côté. Holden, c’est lui qui récupère toujours les boulots les plus lucratifs normal, c’est le meilleur. Mais ce coup-ci, ça n’a pas suffi. Face aux Nexus-6 de dernière génération, même Holden s’est fait avoir. Alors, quand on propose à Deckard de reprendre la mission, il serre les dents et signe. De toute façon, qu’a-t-il à perdre ?


Pour avoir en tête le livre « Le Maître du haut château », je ne m’attendais pas à une lecture si facile. Si pour « le maître du haut château » la lecture était difficile et même parfois pénible, il n’en n’est rien pour « Les androïdes rêvent-ils de mouton électrique ? ». J’ai été, dès les premières pages, complètement happé par le récit.

Rick Deckart a un mouton électrique. Son rêve suprême est d’avoir un vrai mouton, dans un monde où les animaux sont très rares et très chers, c’est compliqué. Du coup lorsqu’une opportunité de gagner de l’argent se présente à lui, il n’hésite pas. Sa mission ? Tuer six androïdes ayant assassinés leur propriétaire, puis fuit Mars et essayant de se faire passer pour des humains sur Terre.

Car le monde n’est pas celui que nous connaissons : nous sommes en 1992, et la Terre est devenue inhabitable à cause des guerres nucléaires. Pour ceux qui ne sont pas encore « dégradés » par les radiations, on vous conseille d’aller sur Mars. Et pour vous inciter, on vous offre un Androïde plus vrai qu’un humain, qui fera à votre place les tâches ingrates. Mais ces androïdes sont de plus en plus perfectionnés, et de plus en plus ressemblant aux humains… jusqu’à vouloir se faire passer pour un humain. Et c’est là qu’interviennent les blade runner, ces chasseurs d’androïdes.

Un livre qui sous une trame principale : un terrien blade runner souhaitant ardemment un animal de compagnie, dépeint une humanité complètement à l’agonie, le temps de cerveau disponible occupé par l’ami Buster et des invités, et ont comme Dieu Mercer, dont les rêves sont plus vrai que nature.

Comme tous les livres de Phillip K. Dick, j’ai été complètement soufflé par son univers, avec tant de degré de lecture.

Si ce livre ne récolte pas la note maximale, c’est peut-être à cause de son incohérence sur les androïdes qui m’a un peu gâché l’expérience de lecture. En effet, les androïdes sont des modèles en séries, la preuve avec Rachel et Priss, qui sont identiques car elles ont la même fiche technique. Dans ce cas-là, comment les androïdes peuvent-ils se faire passer pour des humains ? Ils sont censés avoir la même tête !

Mais à part cela, c’est vraiment un sans-faute, très accessible, j’ai vraiment passé un bon moment, je le conseille à tous !

« Replay », Ken Grimwood

bm_185929_aj_m_700La mort est un éternel recommencement. Quand Jeff décède d’une crise cardiaque à 43 ans, il se réveille 25 ans plut tôt dans sa chambre d’université, alors qu’il a 18 ans. Tout ce qui appartenait à son présent a disparu. dans le futur. Seuls les souvenirs subsistent. Un peu déstabilisant ? Toutefois, quand on a un quart de siècle d’avance sur l’humanité, on dispose de quelques atouts pour refaire sa vie. Ainsi, Jeff construira une fortune, un couple différent, essaiera en vain de changer le cours de l’Histoire, et ce jusqu’à ses 43 ans où il mourra d’une crise cardiaque. pour se réveiller à 18 ans, cette fois-ci dans un cinéma. Replay! Et ainsi de suite. La raison de ce cycle ? Jeff n’en a aucune idée. Peut-être Pamela, elle aussi sujette à ces retours à la vie, pourra-t-elle l’aider à comprendre. Humour, émotions, rebondissements à la pelle servant une intrigue admirablement ficelée, et Replay donne une dimension multiple au sens de la vie


Il y a certains livres dont on est tellement happé par sa lecture que le terminer en devient atrocement douloureux. Replay fait partie de ceux là. Lu il y a deux semaines, j’ai du faire un espèce de « deuil » avant de pouvoir en parler.

L’histoire d’une personnes qui revit sa vie en boucle sans le vouloir, et surtout sans savoir comment il y parvient, ni comment éviter. Après avoir vécu plusieurs vies, il retourne dans son passé qui se retrouve significativement changé. Et si d’autres personnes avaient également la possibilité de revivre leur vie en replay?

Un livre de soft science fiction, ici vous n’aurez pas des descriptions alambiquées et complètement farfelues ou scientifique. Replay s’attache aux ressenties des personnages. Comment vivent ils cette expérience ?

Cela fait longtemps que je n’ai pas été happé par un livre avec une telle intensité, j’en suis assez stupéfaite. Je ne peux que vous conseiller de le lire!

Lu dans le cadre du challenge des séries

11/22/63 Lire un livre avec un voyage dans le temps
« Replay » Ken Grimwood
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« La servante écarlate », Margaret Atwood

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Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Il faut préciser, j’ai regardé la série avant d’entamer cette lecture. J’ai tellement adoré cette série que j’ai cru, en lisant ce livre, avoir la suite de la prochaine saison. Malheureusement non (bien qu’il y ait quelques pistes), puisque ce livre s’arrête la fin de la saison 1 de la série, série particulièrement fidèle au bouquin écrit en 1985 par la canadienne Margaret Atwood.

Dans l’Amérique contemporaine, polluante et polluée, la chute de la natalité effraie tout le monde. Les bébés, s’il y a des bébés, naissent quasiment tous avec difformité ou mort. Suite à un coup d’état, les Etats-Unis d’Amérique s’effondre pour donner place à la République de Gilead, une dictature mettant au centre la Bible, qui classera la population par caste: Les commandants et leur épouse, les Martha (qui seront des bonnes à tout faire), les servantes (qui seront des femmes encore capable de procréer), les tantes (qui sont responsable de de l’éducation des servantes)  les yeux (la milice de cette dictature), et enfin le reste: les femmes qui ne sont plus en âge de procréer par exemple, les traîtres à la nation ou au genre, qui seront envoyés dans des camps pour diverses tâches (filles de joie, paysannes, ou encore trieuses dans des centres radioactifs).

Ce livre est écrit d’une manière trop passive, trop égocentrique, trop … douce. Nous ne ressentons pas d’émotions suffisamment forte. Et pour cause, l’héroïne Defred ne cherche pas à prendre une quelconque position, à défendre ce qui étaient autrefois ses droits. Elle cherche à survivre, tout en se remémorant ses souvenirs d’avant Gilead. Quand une femme pouvait encore disposer de son corps, qu’une femme pouvait travailler, qu’une femme pouvait posséder des biens. Cet aller-retour dans le temps était perturbant, même difficile à comprendre si je n’avais pas vu la série auparavant, puisque je trouve que la coupure maintenant/avant n’est pas assez prononcée. Pourquoi ne pas davantage parler du régime ? Des autres ? Non, Defred ne distillera que quelques indications, pas suffisamment détaillée à mon gout. Heureusement que la fin rattrape tout, faisant de ce récit en réalité un témoignage historique, sur les lesquels des chercheurs, quasiment deux siècles plus tard, sont en train d’étudier.

Un livre à conseiller ? On dit de lui qu’il est résolument féministe, personnellement je ne trouve pas. Je ne nie absolument pas ce qui pèse sur les femmes de cette histoire, mais les hommes ne sont pas épargnés non plus.  Un œuvre à la George Orwell ? Je ne trouve pas non plus. Je trouve que l’histoire est très intéressante, d’autant plus mis en lumière par les récents événements (terrorisme islamiste, Civitas, Trump…), mais l’écriture étant trop passive, et la fin ouverte à trop interprétation, je ne suis pas sûre qu’il arrivera à plaire à tout le monde, contrairement à la série que je ne peux que vous conseiller.

 

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