« Mishenka », Daniel Tammet

mishenka-coverMoscou, mars 1960.

En Union soviétique, les échecs sont un sport national et le champion du monde, Maxim Koroguine, est le héros du régime. Avec lui, le jeu d’échecs est devenu une science de la logique. Surgit alors un jeune prodige de 23 ans, Mikhail Gelb, surnommé Mishenka, romantique et imprévisible. Pour Mishenka, les échecs sont un langage, une forme de poésie. On dit de lui qu’« il pense avec ses mains ».

En compétition pour le titre mondial, le champion et son challenger s’affrontent, durant deux mois. Leur match est suivi par des millions de passionnés. Inspiré d’une histoire vraie, ce roman met en scène deux hommes, deux visions de la vie, la lutte entre la pensée et les émotions, l’art et la science, à un moment clé de l’histoire de l’URSS.

Connaissant l’auteur pour ses livres autobiographique que j’ai beaucoup aimée, j’étais impatiente de découvrir une nouvelle facette de Daniel Tammet, celle d’auteur. En regardant le quatrième de couverture, je dois avouer que le sujet ne m’a guère étonné: l’affrontement de deux joueurs autour d’une partie d’échec. Pour avoir lu « Embrasser le ciel immense », un livre consacré à l’apprentissage en général, sujet qui ne me passionne guère mais qui, avec Daniel Tammet, m’a paru passionnant, je pensais que cela allait être de même avec ce livre sur les échecs, puisque… je ne suis pas une grande passionnée par cela.

Quoi de plus passionnant de que décrire la rencontre entre l’ancienne génération et la nouvelle, entre le calculateur et le fougueux, entre le discret et l’amoureux des cameras? Bref, une rencontre au sommet entre deux prétendant au titre aux style radicalement opposé?
Pourtant, ce livre est une déception. L’auteur ne rentre pas suffisamment dans la personnalité des protagonistes à mon gout, préférant parler d’échec : que ce soit ses règles, les passions qu’elle suscite, l’apprentissage de celui-ci, j’ai été très vite tentée de refermer ce livre.

Pourtant, j’ai décidé de continuer, car c’est quand même Daniel Tammet, un homme que j’admire, et j’ai l’espoir de voir l’histoire devenir plus intéressante, ce qui ne sera pas le cas à mon gout. Des pages consacré aux déplacements des joueurs, franchement j’ai eu du mal à lire, et je dois avouer que cette lecture était plus une torture qu’une partie de plaisir.

Un livre difficile pour ma part, est-ce parce j’en ai un peu rien à faire des échecs, ou parce que le livre est pas assez « passionné » (et passionnant)? Une chose est sure, ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains.

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« Comment braquer une banque sans perdre son dentier », de Catharina Ingelman-Sundberg

51lVsXo4nQLIls sont trois femmes, deux hommes : Märtha, Stina, Anna-Greta, le Génie, et le Râteau, chacun 80 ans au compteur. Ils chantent dans la même chorale et dépérissent dans la même maison de retraite à Stockholm. Nourriture insipide, traitement lamentable, restrictions constantes, pas étonnant que les résidents passent l’arme à gauche…
Ils ne vivront pas un jour de plus dans ce mouroir. Un brin rebelles et idéalistes, les cinq comparses décident de se lancer dans le grand banditisme. Avec leurs cheveux blancs et leurs déambulateurs, ils s’apprêtent à commettre le casse du siècle. Mais l’aventure s’emballe et rien ne va se passer comme prévu…

J’adore ce genre de titre que j’ai l’impression typiquement suédois. Après « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et se fit la malle » de Jonas Jonasson, voici « Comment braquer une banque sans perdre son dentier » de Catharina Ingelman-Sundberg, qui semblait, lors de son résumé, dans la même veine que « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et se fit la malle » : Déjanté et décalé. Pas du tout.

L’histoire suit l’histoire de cinq seniors dans une maison de retraite : Dégoûtés par leurs conditions de vie, ils décident de commettre un braquage pour se retrouver en prison, qui leur semble être plus confortable que leur petite maison de retraite.

L’idée de réunir des vieillards en charentaise et en déambulateur pour faire une casse était quelque chose de sympathique, mais l’exploitation du potentiel comique par l’auteure est très maladroite, faisant de ce roman un truc complètement pathétique, et surtout sans intérêt.

Le roman est niais, entre deux blagues sur les affres de la vieillesse, je n’ai pas trouvé ce roman suffisamment décalé pour que celui-ci me plaise. Ok les vieux ont du cran d’exploiter les idées reçus « Un vieu braquer une banque ? Et puis quoi encore ? » M’enfin, je n’ai pas trouvé que l’auteur allait plus loin que ça.

Si l’histoire n’était donc pas top, le style de l’auteur ne rattrape pas la chose. Certes le livre se lit… mais rien d’original, en fait je trouve que c’est plutôt lourd. Aucune originalité dans l’écriture, des longueurs partout, elle s’attarde parfois sur des détails qui n’ont aucune utilité, et surtout c’est pas drôle. L’auteure aurait eu tout à gagner si elle avait raccourcit son roman.

Bref, une petite déception dans un roman qui aurait pu être génial.

Lu dans le cadre du challenge Summer Cocktail 2017Le Mystery Tiki

« Les Tribulations d’une Gothique Amoureuse », Cécile Guillot

bm_7951_aj_m_4934Lily est amoureuse de Vince, mais pas seulement… Elle aime aussi…
La vie.
La musique.
Son travail.
Ses corsets.
Les cupcakes.
Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… elle décide de vivre ses rêves au lieu de rêver sa vie…

En voyant ce titre, ce résumé et cette couverture, le roman sentait bon la chick lit. Citez-moi un roman de chick lit que je n’aime pas, attention spoiler : Vous n’en trouverez pas ! Pourtant j’ai trouvé ce roman assez naze, et je suis plutôt mesurée.

Si sa couverture était différente, son titre différent, son résumé différent, j’aurais peut-être été plus réceptive (ou plus probablement je ne l’aurai pas lu). La faute donc à son « packaging » trompeur, je suis tombé de haut. Très haut.

Je m’attendais à une chick lit, j’étais finalement en face d’une romance. Je ne suis pas super fan de romance, car je trouve ce genre ennuyeux, à moins qu’il y ait une intrigue à côté pour faire passer la pilule. Il manque ce petit grain de folie, ce glamour. La seule chose qu’il y a en commun entre ce livre et la chick-lit, c’est le personnage égocentrique, mais je l’ai trouvé plus chiante qu’autre chose.

Lily est prof élémentaire dans une banlieue de Angoulême, elle s’occupe d’une classe CLIS, réservé aux handicapés et aux personnes ayant trop de retard pour intégrer le cursus normal. Elle est gothique, s’habille en noir, joue dans un groupe de métal, et est amoureuse d’un membre de son groupe.

J’ai trouvé que ce roman n’était qu’une justification de la part de l’auteur, du style « Ce n’est pas parce qu’on est gothique qu’on sacrifie des chèvres pendant la pleine lune« . Rien de plus. « Blablabla, les gothiques sont normaux, blablabla, les gothiques sont gentils, blablabla, les gothiques ont de super goût musicaux, blablabla on est super tolérant et on est une élite, on ne traîne pas avec des geeks« . Le personnage principal est un concentré d’intolérance. Bien évidemment tout est bien qui se termine bien, elle s’aperçoit de sa bêtise, mais j’ai trouvé ça trop cliché. Trop caricatural. Cécile Guillot aurait pu mieux exploiter la gothitude de son personnage principal, parce que ici ça n’apporte absolument rien, à part nous saouler. J’avais envie de hurler « Grandis meuf, t’es plus adolescente! » tant l’aspect gothique revenait encore, encore, et encore. Au bout d’un moment, les fringues ne devraient plus impacter autant la vie de celui qui les porte.

Ensuite : La fille est amoureuse, mais le garçon ne l’aime pas. Sauf que ça se voit à 10 000 km avec qui elle va finir le roman, ce n’était pas très fin. Je ne vous explique pas le process narratif, mais grosso modo à chaque fois qu’elle est déçu, son chevalier servant apparaît. Mouais.

Outre une absence totale de profondeur, je n’ai en plus absolument pas réussi à m’identifier au personnage principal, et j’ai trouvé ce roman trop « normal ». Après le président normal, voici le roman normal. Je ne comprends pas les critiques dithyrambiques sur les autres blogs ; car pour ma part à un quart du livre j’étais prête à lâcher. Dommage j’avais mon challenge lecture à honorer.

Lu dans le cadre du challenge Summer Cocktail 2017Le Mystery Tiki

« Queen Betsy, Tome 10 : Vampire et Dépitée », MaryJanice Davidson

81Ro7CEJNfLUne morgue ! Je me suis réveillée, toute nue, sur une table d’autopsie dans une morgue de Chicago ! Mais me retrouver emballée comme un steak avec une étiquette au gros orteil est bien le cadet de mes soucis. Car mon véritable problème est la créature qui m’a suivie depuis l’enfer pour mettre fin à mon règne. Et le pire, c’est que je ne suis pas la seule dont le destin risque d’être bouleversé ! Je dois agir très vite sinon ce sera vraiment l’enfer…

Lecture terminée, rien à signaler. Je veux dire par là, que bien que la lecture ait été divertissante, le fait que la qualité des tomes soit si inégale peut paraître frustrant. Ce tome, bien que sympa, a été un tome de meublage. Du moins c’est l’impression que j’ai eue.

Betsy, revenue de ses péripéties spatio-temporelles vit dans une réalité alternative, mais bien que la réalité est altérée, une chose ne change pas : les emmerdes avec sa sœur, l’antéchrist.

Le début du tome s’emploie à nous raconter comment Besty se réveille dans une morgue (encore une fois), comme elle s’est disputée avec sa sœur (encore une fois), et comment la vie s’acharne sur elle (encore une fois). La série, se prolongeant, perd donc de sa qualité scénaristique puisque beaucoup de scène semble être du déjà vu, mais ce qui est encore plus fort est la façon dont l’auteure arrive à combler le vide par du vide. C’est assez décevant, puisque je n’ai déjà quasi aucun souvenir de ce qui s’est passé dans ce tome. Si je raisonne façon Betsy, si je ne m’en rappelle pas, c’est que finalement c’est nul… non ?

« Queen Betsy, Tome 4 : Vampire et Irrécupérable », MaryJanice Davidson

Betsy Taylor, la reine des vampires, est en pleine préparation de son mariage de rêve avec le superbe Eric Sinclair. Alors, hors de question que des histoires de mort se mettent en travers de son chemin ! Malheureusement, des fantômes la harcèlent pour qu’elle leur fasse justice et un tueur en série se balade dans la nature. Ses victimes, grandes et blondes, lui ressemblent étrangement. À mi-chemin entre Confession d’une accro du shopping et Le Diable s’habille en Prada.

Un tome moins bon que les précédents, je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas vraiment réussi à me plonger dans cette nouvelle lecture. Peut-être parce que l’intrigue est moins bien présentée ? En effet, on ne sait pas trop ou veut en venir l’auteur concernant son histoire de fantôme, ou en tout cas dans la première partie du livre, on est un peu dubitatif. De plus, je ne suis pas un grand fan de ces fantômes, à part être agaçants, j’ai pas encore trouvé un autre adjectif pour les nommer.

De plus, avec ses devoirs de reine, elle décide de prendre George sous son aile, et pour le moment c’est pas le truc qui m’intéresse le plus, j’avoue. Qu’est-ce que j’ne ai à faire qu’un vampire sauvage sache faire du tricot ???

Heureusement que sa vie personnelle est plus palpitante, l’histoire ici est qu’elle est grande sœur, mais que… ses parents ne lui ont pas dit ! Pour une fille qui ne peut plus procréer, elle compense en jouant la grande sœur, c’est troooop mignon !

Un tome un peu la pour meubler, on a quelques axes sur le futur de sa vie, mais … rien de palpitant. J’ai quand j’ai trouvé la lecture facile et fluide, mais ce tome ne restera pas dans les annales ☹

« Dans une coque de noix », Ian McEwan

640_mcewan_ian_couv_avec_jaquette_dans_une_coque_de_noix«À l’étroit dans le ventre de ma mère, alors qu’il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J’entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l’aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j’apprends que Claude n’est autre que mon oncle : le frère de mon père. Un crime passionnel doublé d’un fratricide qui me fera peut-être voir le jour en prison, orphelin pour toujours! Je dois les en empêcher.»

Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre du XXIe siècle… Après L’intérêt de l’enfant, Ian McEwan n’en finit pas de surprendre et compose ici, dans un bref roman à l’intensité remarquable, une brillante réécriture d’Hamlet in utero.

Il faut commencer cet article en précisant que je ne connais absolument pas Hamlet de Shakespeare. Non seulement je ne l’ai pas lu, mais en plus je ne sais même pas de quoi cela parle. Pour autant, ayant déjà lue et appréciée des livres d’Ian McEwan, je me suis laissé tenter par ce livre, ou nous nous mettons à la place d’un fœtus.

 

Exit le cliché du fœtus qui n’aurais conscience de rien, au contraire, je pense bien qu’il en sait davantage que tous les adultes de l’histoire. Ce fœtus, privé de vue ne peut que deviner. Supposer. Écouter. A force d’écoute, il comprend que quelque chose d’horrible va se préparer. Il va se faire abandonner par sa mère. Sa mère va tuer son père. Son père, poète amoureux qui essaye de reconquérir sa mère à coup de poème, sous les yeux de son frère… qui se tape sa femme et qui complote avec elle pour se débarrasser de lui. Bref, pour sa venue au monde, il existe plus serein comme situation, vous ne trouvez pas ? Le fœtus sans nom va essayer d’œuvrer à sa manière pour éviter un désastre, mais il se trouve que les personnages sont voués à filer vers le désastre.

 

Si l’histoire en elle-même est intéressante, c’est un peu moins le cas de la narration. A force de faire des référence aux initiés, je pense être passé à côté de pas mal de chose, ce qui donne aux gens comme moi une narration pompeuse, et sans rythme. Heureusement que le récit est court, ce qui fait que la lecture est supportable, mais il se trouve que dans mon cas il s’agit d’une déception.

« Girlfriend dans le coma », Douglas Coupland

51A3K0JSGDL._SX289_BO1,204,203,200_Conte new age et acidulé, Girlfriend dans le coma dynamite l’ American Way of Life version fin de siècle. Karen Ann McNeil, adolescente et extralucide, tombe dans le coma à la fin des seventies pour se réveiller dix-sept ans plus tard. Et que découvre-t-elle ? À l’Est, les Russes ne sont plus nos ennemis, à l’Ouest, l’amour est devenu mortel et, partout, sa génération sombre dans un vaste gouffre existentiel. Même Richard, son petit ami, a suivi une bien mauvaise direction… Par cette fable mystique sur une jeunesse en manque d’idéaux, l’auteur de Microserfs et de Génération X, brosse le portrait d’une époque désenchantée en quête d’authenticité.

Je ne le répéterais jamais assez, Douglas Coupland est mon auteur préféré. Pourtant, j’ai eu énormément de mal à me mettre à cette lecture, qui traîne dans ma pile à lire depuis trois / quatre ans. La faute à un début lent, très lent, trop lent. On a l’impression d’avoir affaire à un roman pour adolescent, entouré de platitude, ce qui fit que j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour lire ce livre.

L’histoire est une bande de pote, qui a perdu un de ses membres dans un cancer, puis un autre dans un coma. Le reste grandit, franchit péniblement l’âge adulte, et chaque vie prend une tournure différente, mais comme nous parlons d’un roman de Douglas Coupland, il y a une chose qu’ils ont en commun : Le malaise de vivre, dans le monde tel qu’il est devenu, alors que jeunes ils avaient plein d’idéaux.

Puis un jour miracle, Karen qui était dans le coma depuis 17 ans se réveille, redonnant un peu d’espoir à la bande, surtout à Richard, éternel adolescent dans la peau d’un homme de 34 ans, éperdument amoureux de Karen depuis tout ce temps, puis la fin du monde arrive…

Cette lecture a vraiment été un calvaire pour moi, la faute à un thème trop banal (banal chez Coupland !) à mon gout. Je tourne les pages en espérant que quelque chose de bien arrive, mais non, c’est aussi chiant et rasoir que ce que le début le laissait présager. Douglas Coupland a usé et re-usé jusqu’à la moelle ce thème (génération X, Eleanor Ribgy, Hey Nostradamus…) et je fini ce livre soulagé, car j’étais à deux doigt de me flinguer.