« Mauvaise prise », Eoin Colfer

mauivaise priseL’ancien militaire Daniel McEvoy s’apprête à quitter le monde sans foi ni loi de la pègre du New Jersey pour se concentrer sur sa nouvelle vie de patron de club. Mais lorsqu’il se retrouve au fond de l’Hudson, enfermé dans un taxi de la mort, après avoir été kidnappé par deux flics qui comptaient faire de lui le héros d’un snuff-movie, il comprend qu’il n’en a pas fini avec les manigances et les vengeances des barons du crime de Cloisters. Si Dan veut survivre, il devra échapper à des malfrats qui se trouvent des deux côtés de la loi, et retrouver sa tante qui lui avait jadis tout appris sur l’art de caresser les filles. Suite de Prise directe, Mauvaise prise déploie à nouveau toute la verve iconoclaste d’Eoin Colfer, qui s’exprime à travers une série de personnages superbement à côté de la plaque et de situations burlesques et irrésistibles. La mafia du New Jersey, cocasse et nourrie de culture télévisuelle, en version très noire.

Qu’il est bon de lire un bouquin du sieur Colfer, encore plus quand il s’agit d’un livre pour adulte. Ayant grandi avec la saga Artemis Fowl, il me semblait inconcevable qu’un tel auteur puisse se cantonner à de la littérature jeunesse (car cela voudrait dire que je ne pourrais pas chérir ses prochaines productions autant que j’ai chéri Artemis Fowl).

Après avoir publié Prise direct en 2012, roman hilarant mais sans plus (car reprenant que trop le schéma Artemis Fowl), voici qu’en 2017, je tombe sur son second tome, Mauvaise Prise, que je ne peux m’empêcher de mettre sur ma PAL, bien que le premier tome ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable.

Partant de ce constat, j’ai fait l’impasse sur la relecture du premier tome, pour me plonger directement dans sa suite. Grossière erreur puisque je n’ai pas compris grand-chose au début : j’ai trouvé qu’il était un peu difficile de suivre ce livre si l’on ne lit pas le premier tome, mais rien d’insurmontable bien évidemment.

Daniel McEvoy est un ancien militaire irlandais qui a refait sa vie aux Etats-Unis. Après une belle carrière de portier, celui-ci, pour une raison que je n’arrive pas à saisir est désormais le propriétaire d’un bar, qui doit ouvrir sous peu. Malheureusement, ses projets son contrariés par la mort de la mère de son pire ennemi, Mike l’irlandais, qui lui avait fait la promesse de le laisser tranquille tant que sa mère était vivante (car même chez les gangster, la maman, c’est sacré). Ne l’étant plus (la bonne dame a eu l’idée, à 80 balais, de faire du ski sur de l’herbe en pleine tempête, se faisant du coup … foudroyé par un éclair), Mike décide de tuer Daniel.

Dit comme ça, le roman ne paye pas mine. Pourtant, celui-ci est vraiment un de mes romans préférés de cette année, pour l’humour absurde que l’auteur déploie généreusement sur ses pages, de manière vraiment très crade :  Daniel est un gros beauf d’irlandais qui est usé par la vie, mais qui, lors de situations de danger se retrouve incroyablement vif d’esprit. Il traîne sa carcasse dans un monde qui n’a pas de sens, heureusement qu’il à son psychiatre qui est là pour dispenser de quelques pépites de sagesse sur Twitter quand il est pas occupé à baiser une jeunette.

Bouffon pathétique, il se retrouve en deux temps trois mouvements en string rose en train de se faire filmer pour un snuff movie sur internet, contraint pour survivre de frapper ses assaillants à coup de godemiché rose, avant de se retrouver dans l’Hudson suite à un énième kidnapping infernal, pour assister à une botox party. Vous ai-je mentionné que sa petite amie ne le reconnait qu’une fois sur deux ?

Bref, un roman enchaînant des situations rocambolesques sur situations rocambolesque, ce livre ne nous laisse aucun moment de répit, tout est calibré pour faire rire, avec un humour noir se mêlant à l’humour absurde, saupoudré de références à la pop culture, c’est typiquement le genre de livre que j’aime lire, je ne peux donc que vous conseiller ce magnifique roman d’Eoin Colfer. J’attends la suite avec impatience.

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« Le Supernaturaliste » Eoin Colfer

couv6847717Satellite City, la cité du troisième millénaire. Un rêve pensez-vous ? Non, un véritable cauchemar pour la plupart de ses habitants. Prenez Cosmo, 14 ans, qui n’a jamais rien connu d’autre qu’un orphelinat dont les pensionnaires sont utilisés comme cobayes. Mais il se passe des choses plus terrifiantes encore dans cette sombre mégapole. Des créatures invisibles rôdent, des parasites se nourrissant de l’énergie vitale des humains. De rares personnes possèdent cependant la faculté de les voir : les Supernaturalistes. Lorsqu’à la suite d’un terrible accident Cosmo hérite à son tour de ce pouvoir, il est loin de se douter que les puissants dirigeants de la ville s’intéressent de très près à ses nouveaux amis. Et qu’il n’est pas vraiment conseillé de contrarier leurs plans…

Eoin Colfer est un de mes auteurs jeunesse préférés, pour cause j’ai grandit avec ses livres. Étrange expérience que de relire un livre lu il y a bientôt 10 ans. J’en avais comme souvenirs un livre avec beaucoup d’actions, très bien écrit, et qui était il faut le dire, un coup de cœur. J’avais je crois à l’époque 14 ans.

Ma seconde lecture de ce livre a quelque peu remis les choses en place: L’intrigue n’était pas si extraordinaire que cela, bien que très plaisant, malheureusement j’ai eu du mal a rentrer dans l’univers. Il m’a fallut attendre la moitié du livre pour enfin prendre du plaisir à cette lecture. Cependant je ne change pas d’avis sur le style d’écriture de l’auteur, qui est vraiment talentueux dans ce domaine: Chaque phrase, chaque mot semblent être choisi avec soin, pour donner une formulation parfaite, c’est un vrai délice.

L’univers dystopique créé par l’auteur donne froid dans le dos, mais semble malheureusement très réaliste, honnêtement cela ne me surprendrait absolument pas que notre futur devienne ainsi dans quelques années: pistage des citoyens grâce à des ions négatifs pulvérisés sur les personnes pendant leurs douches et aux satellites qui localisent chaque personne, suppression de la vie privée,  utilisation de ressources inadaptées pour en faire des forces productives, afin que rien ne soit gaspillé (en occurrence ici, des orphelins de moins de 15 ans en tant que testeurs de produits pharmaceutiques ou militaire), ou bien les paravocats qui arrivent sur toutes les scènes de crime ou d’accident très souvent avant même les policiers afin de trouver de nouveaux clients, qui  dans notre cas sont des avocats récoltant toutes les preuves possible pour accuser nos protagonistes, quitte à employer des armes pour servir leurs intérêts. En toile de fond, on a l’auteur qui dépeint les méchants capitalistes qui, sous réserve de faire des profits transgressent allégrement les lois. Bref, cela fait beaucoup pour un roman jeunesse, mais c’est ce que j’aime avec l’auteur, il n’hésite pas à aborder des thèmes plus profond qu’il n’y parait dans chacun de ses ouvrages.

Lire ce livre a donc était très enrichissant malgré le fait que ce soit un livre jeunesse, avec beaucoup de rebondissements (je ne m’attendais pas du tout à cette fin!), mais qui a prit un peu de temps pour démarrer selon moi.

 

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