« Les Mille Talents d’Eurídice Gusmão », Martha Batalha

_visd_0001JPG0BOZIL’histoire d’Euridice Gusmao, ça pourrait être la vôtre, ou la mienne. Celle de toutes les femmes à qui on explique qu’elles ne doivent pas trop penser. Et qui choisissent de faire autrement. 
« Responsable de l’augmentation de 100 % du noyau familial en moins de deux ans, Euridice décida de se désinvestir de l’aspect physique de ses devoirs matrimoniaux. Comme il était impossible de faire entendre raison à Antenor, elle se fit comprendre par les kilos qu’elle accumula. C’est vrai, les kilos parlent, les kilos crient, et exigent – Ne me touche plus jamais. Euridice faisait durer le café du matin jusqu’au petit déjeuner de dix heures, le déjeuner jusqu’au goûter de quatre heures, et le dîner jusqu’au souper de neuf heures. Euridice gagna trois mentons. Constatant qu’elle avait atteint la ligne, cette ligne à partir de laquelle son mari ne s’approcherait plus d’elle, elle adopta à nouveau un rythme alimentaire sain »

Les Mille Talents d’Eurídice Gusmão, ou plutôt le récit des ambitions tués dans l’œuf de toute une génération de Latina dans les années 50.
Nous suivons les aventures d’Euridice, une femme talentueuse et vive d’esprit dont la fugue de sa sœur Guisma, pour une histoire d’amour, va tuer toutes ses ambitions, la faisant passer d’une adolescente pleine d’ambitions en prototype de femme terne et ennuyeuse, afin de sur-compenser les folies de sa sœur. Cependant, elle aura beau refréner sa nature profonde, ses éclairs de génie referont surface de temps à autre.

Il faut savoir que ni la couverture, ni le résumé, ni le titre n’est à mon sens approprié pour ce roman, tout cela donnant une image erronée à cette histoire qui pour ma part m’a fait penser à un roman feel good.

Or de feel good il ne reste pas grand-chose, et je dois avouer avec eu du mal à classifier ce roman. D’humour, il est très discret, l’auteur pratiquant avec délice l’absurde, j’ai adoré sa plume.
Je ne sais pas s’il faudrait classer davantage dans drame, puisque les tranches de vie de tous les protagonistes sont tristes à en mourir. Tant d’ambitions tués, de désillusions sur un destin hors du commun qui ne résisteront pas à la « vraie » vie, de personnages frustré, revanchards, et médisants.

J’ai énormément de mal à faire cet article car l’histoire n’était pas celle que j’ai imaginée. Le début ne rend pas justice à l’histoire, et la fin non plus, car expéditive et incompréhensible, et le titre incompréhensible, car le titre portugais est mille fois plus approprié que sa traduction française.

L’histoire n’en est pas mauvaise, mais le mauvais packaging et la fin expéditive fait que l’histoire, bien que lue d’une traite et d’une délicieuse absurdité, passe de peu de la note « Très Bien ».

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