« Rien à battre ! », Tommy Jaud

51vapmimlnlDevons-nous vraiment surveiller constamment notre poids, ranger et aménager notre logis comme il faut et être en permanence écologiquement corrects? Progresser professionnellement, avoir une opinion sur tout et profiter de sortir dès qu’il fait beau? Manger toujours sainement, avoir une vie sociale très active et afficher tous les prétendus signes de réussite? Et si on n’y arrive pas, ou exceptionnellement seulement, devons-nous nous sentir nuls ou coupables?
« Non », répond l’auteur de bestsellers américain Sean Brummel, alias Tommy Jaud. « Rien à battre » de tout cela. On meurt non pas parce qu’on manque de lumière. On meurt car on ne sait plus s’amuser.
L’auteur comique Tommy Jaud nous livre ici un ouvrage à la fois hilarant et salutaire pour cesser de céder à toutes les pressions possibles et imaginables. Il s’est inventé un double excessif et attachant, l’anti-gourou et fervent adepte de la dolce vita Sean Brummel, à qui il fait dire ce que chacun pense en son for intérieur mais n’ose plus assez revendiquer: le droit à la paresse, la non-performance, le plaisir. Succès immédiat et immense, car ce livre est vraiment drôle et tout autant utile.

Sous forme de livre de développement personnel, Sean Brummel, loser californien devenu chef d’entreprise raconte son mode de vie, et ce qui lui a permis d’être ce qu’il est devenu: un chef d’entreprise vivant de sa passion: brasser de la bière (quand il ne donne pas de conférence ou il est grassement payé) sans trop se fouler (il ouvre donc sa boutique qu’une fois par semaine, et le reste de la semaine… il glande). Et tout lui réussi (il a une femme magnifique qui lui correspond totalement, autant mentalement que physiquement), il a beaucoup d’amis, et surtout il est est heureux de sa vie.

Fort de cette constatation, il décide d’écrire un bouquin afin d’inspirer les gens comme vous et moi, qui sommes en train de travailler pour un salaire de misère, qui passons notre année a ruminer à cause de ces satanés bonne résolutions irréalisable, qui sommes inscrit dans une salle de sport pour aller mieux (mentalement, physiquement), mais dans lequel nous n’y foutons pas un orteil, nous donnons donc mauvaise conscience.

Sean Brummel (américain qui est un huitième allemand) nous donne sa formule magique qui amène joie, paix intérieure et prospérité: RIEN A BATTRE! Ce coach de vie développe une théorie: chacun de nous avons un « monstre du devoir » alias notre conscience, qui nous force à faire des choses que nous ne souhaitons pas, au risque de devenir malheureux (être vegan, aller au sport trois fois par semaine, être écolo, faire des gosses, entretenir une vie sociale, avoir un avis sur tout…) mais qui, lorsque réalisés, ne nous apporte rien de plus, que.. de nous faire chier. Ce livre s’emploie donc à faire taire ce monstre du devoir.

J’ai adoré lire ce livre, bien que parfois un peu radotant (ce qui est le cas de tous les livres de développement personnel, de toute façon), nous prouvant par A+B (ou par A+Z) que la meilleure façon de vivre sa vie et de la vivre sans se poser de questions, sans faire de projet, sans … se prendre le chou, et de se laisser porter. A coup d’anecdotes absurde, Tommy Jaud qui a créé le personnage de Sean Brummel, développe un argumentaire tout a fait valable contre cette nouvelle mode de la healthy life (par exemple: pourquoi, au nom de l’écologie,  se faire chier à manger locavore? C’est absolument débile de prendre l’avion jusqu’en Argentine pour manger de la viande argentine, puisque notre impact CO2 est beaucoup plus important que si on achetait notre viande argentine dans notre supermarché!).

Abordant les thèmes plus en vogue dans les livres de développement personnel (la santé, l’alimentation, la réussite, les loisirs, la société, le sens de la vie…), a coup d’anecdote le plus souvent vrai (j’ai essayé de trouver les sources de chaque argumentation sur internet… quelle déception de voir que je n’ai pas trouvé de source validant l’affirmation du livre, disant qu’en Autriche, est considéré comme risque sanitaire le fait de boire plus de 63 verres de bière par semaine!

Au final, je trouve que ce livre s’adresse a tous les lecteurs de livre de développement personnel (pour le reste, passez votre chemin, vous allez vous ennuyer à cette lecture…), car il permet de mettre les points sur les i: merde, arrêtez d’avoir peur de tout et d’essayer de vous changer, vous êtes bien tel que vous êtes!

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