« Les Chroniques des Vampires, tome 1 : Entretien avec un vampire », Anne Rice.

imagesDe nos jours, à La Nouvelle-Orléans, un jeune homme a été convoqué dans l’obscurité d’une chambre d’hôtel pour écouter la plus étrange histoire qui soit. Tandis que tourne le magnétophone, son mystérieux interlocuteur raconte sa vie, sa vie de vampire. Comme l’interviewer nous nous laissons subjuguer, fasciner et entraîner à travers les siècles dans un monde sensuel et terrifiant où l’atroce le dispute au sublime.


Pour avoir lu beaucoup de bit-lit, je souhaitais me plonger dans un livre de vampire sans tous ces artifices que nous trouvons habituellement dans un livre de vampire: sexe et sadomasochisme à profusion, jeune adolescente timide qui va connaitre sa première fois avec un vampire, ou alors chasseuse de vampire badass. Bref, revenir aux origines. Pour avoir lu Dracula de Bram Stoker il y a quelques années et qui m’a laissé un souvenir assez mitigé, je dois avouer que j’appréhendais sérieusement la lecture d’Entretien avec un vampire.

Ce qui m’a le plus choqué ici, c’était le style d’écriture lisse de ce livre, caractéristique des livres contemporain ou des livres classiques : vous pouvez le voir, j’ai tendance à chercher la facilité en ne lisant que de la bit lit / chick lit / new romance. Bref, dès qu’on sort de ces styles et de la facilité de lecture car calibré pour ne pas faire de temps mort, ça fait quand même un choc.

Ici, Anne Rice n’écrit pas pour faire chaque scène une scène d’action non, il y a des réflexions. Beaucoup d’introspection, car c’est ce qu’est le personnage principal de Louis: un penseur, un rêveur, un idéaliste. Aux cotés de ses partenaires d’infortunes que sont Lestat (son créateur) et Claudia (son « amante »), il va traverser les années, les décennies, puis les siècles, avant que leur chemin se sépare.

Maintenant seul, il décide qu’il souhaite raconter sa vie. Il va donner rendez vous dans un appartement miteux à un journaliste, qui ne sait pas dans quoi il s’embarque, et lui conter sa vie…

Un livre scotchant : j’ai été happé du début à la fin. J’ai lu sur certains blogs que l’auteure faisait trop de longueur, cela ne m’a pas du tout sauté aux yeux. Il faut savoir que Louis nous raconte plus de de deux siècles d’existence, c’est donc un peu normal qu’il y a certaines redite. J’ai beaucoup aimée l’idée du journaliste, qui en faite est la représentation du lecteur: Je pensais comme lui, je réagissais comme lui, et à la fin du récit de Louis, j’aurai exactement réagît pareil.

Un très bon livre à mon sens, il me semble évident de continuer cette saga.

 

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Boys #4 : « The Boy is back », Meg Cabot

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In this brand-new novel from #1 New York Times bestselling author Meg Cabot, a scandal brings a young man back home to the small town, crazy family, and first love he left behind.

Reed Stewart thought he’d left all his small town troubles—including a broken heart—behind when he ditched tiny Bloomville, Indiana, ten years ago to become rich and famous on the professional golf circuit. Then one tiny post on the Internet causes all of those troubles to return . . . with a vengeance.

Becky Flowers has worked hard to build her successful senior relocation business, but she’s worked even harder to forget Reed Stewart ever existed. She has absolutely no intention of seeing him when he returns—until his family hires her to save his parents.

Now Reed and Becky can’t avoid one another—or the memories of that one fateful night. And soon everything they thought they knew about themselves (and each other) has been turned upside down, and they—and the entire town of Bloomville—might never be the same, all because The Boy Is Back.

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(cet avis est écrit en partant du principe que vous connaissez déjà la série Boys, car des comparaisons seront faite entre les différentes intrigues de la série).

The boy is back est le quatrième opus de la série boys de Meg Cabot. La série n’est pas encore traduite en français mais je ne doute pas qu’il le sera prochainement.

Rebecca « Becky » Flowers est spécialisé dans la transition de vie de personnes âgées. Comprenez qu’elle apporte un soutien psychologique (préparation mentale à changer de style de vie), pratique (triage des objets inutiles et à jeter) et logistique (déménagement).
Voilà qu’un jour une famille célèbre de la communauté fait appel à elle afin de gérer un cas très particulier : les Stewart, dont les aïeux sont des hoarders : comprenez qu’ils accumulent des objets et des animaux, jusqu’à mettre leur vie en danger à cause d’un empilement précaire des objets et une hygiène discutable.
Le problème : leur fils, Reed, est un ex de Becky, qui quitta la ville du jour au lendemain, sans lui donner des nouvelles, lui brisant le cœur, est de retour en ville afin d’aider ses parents à gérer au mieux cette période.

Je ne vais pas vous mentir, le résumé de ce tome ne fait pas très glamour et colle pas des masses au genre chicklit. En effet, le contexte n’a que très peu à voir avec les anciens tomes. Si les anciens tomes se passaient dans un contexte professionnel plus glamour (le monde de l’édition) ici on est bien dans celui du… Déménagement. Et alors que les autres tomes se passaient des villes plus urbaines et glamour, ici on est presque chez les rednecks (bon j’abuse un peu) dans un patelin paumé nommée Bloomville. Oui, il y a un fossé entre les précédents tomes et celui ci.

Meg cabot continue avec les recettes qui marchent: un roman sous formes d’échanges (mails, SMS, tchat, avis amazon, et journaux intimes), que ce soit de Becky ou de ses clients (la famille Stewart), et comme dans tous ses livres, il parle de sujets de société de manière très drôle et accessible: les lumbersexuels (ou la version 2.0 des hipsters), le féminisme, l’appropriation culturel, l’identité du genre.

Je trouve cependant ce tome un peu trop différents des autres, et n’ayant pas forcément sa place dans la série Boys.
Le contexte de la série Boys est : tout se passe plus ou moins au même endroit, avec le même groupe de personnes.
Le livre étant trop éloigné géographiquement comme sociologiquement des autres livres, avec une présence beaucoup moins appuyé aux personnages récurrents de la série (pour ne pas dire quasiment aucun), et une première partie un peu trop appuyé sur les personnages secondaires (la famille Stewart).
Les personnages principaux fade se font éclipser par la folie des personnages secondaires, on a donc un tome déséquilibré et peu cohérente avec le reste de la série.

Becky Flowers le personnage principal est une heroine intègre et attachante, Reed Stewart le golfeur borderline et so sexy fait figure d’ex prêt à tout pour la reconquérir. Malheureusement je trouve qu’ils manquent de consistance et de charisme, contrairement à la famille dysfonctionelle qui apporte la touche comique nécessaire à ce roman.
Mention spécial à ce qui sont pour moi les véritables héros de la série : Marshall et Carly Stewart, le frère et belle sœur de Reed. Ils sont hilarants dans leur relation, que ce soit le déni complet de Marshall pour certaines situations, sa difficulté pour écrire sur son téléphone avec la correction automatique du clavier activé, sa tentative de gestion de la colère, ou Carly qui fait figure de femme forte, drôle et terriblement taquine.

J’ai passé un très bon moment et je le note 4/5 car en que fan de l’auteur je me suis régalé. Je conseillerai ce livre si vous êtes fan du style Meg Cabot (ce côté comique / cliché / dramaqueen), mais si vous vous attendez à une grande histoire d’amour passez votre chemin, car les personnages secondaires et leur tentative d’accumulation de journaux et de chats en céramique jusqu’à la ruine prennent beaucoup de place sur l’histoire d’amour.

Boys #3 : « Le garçon d’honneur », Meg Cabot

le garçon d'honneur meg cabotQue feriez-vous si votre meilleure amie partait se marier en douce en Italie ? Et si vous décidiez de tenir le journal de bord de cette fugue romantique ? Mais si le garçon d’honneur du futur mari – un journaliste prétentieux, égoïste et, par-dessus le marché, opposé à cette union – en tenait un lui aussi ? Et si vous deviez faire avec lui le voyage jusqu’à un village isolé ? Et si, cerise sur le gâteau, vous étiez contrainte et forcée de passer les quelques jours précédant la noce avec cet insupportable snobinard, terrorisé à la vue… d’un chat ?!

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Jane, dessinatrice de profession est la témoin du mariage sa meilleure amie Holly qui décide de se marier en douce en Italie. Mark est Holly forment un couple idyllique destiné à se marier, c’est certain. Pourtant le témoin de Mark, Cal, reporter de guerre de profession, n’est pas de cet avis: pire il pense que le sentiment amoureux est du à un déséquilibre chimique dans le cerveau, et que la monogamie est une farce.

Parce qu’elle ne sait pas quoi offrir comme cadeau de mariage elle va tenir un journal de bord de tout ce qu’elle va observer (le couple plein d’amour et pleine d’espoir) pour qu’ils puissent le lire lorsqu’ils seront mal et se souvenir de pourquoi ils sont tombés amoureux l’un de l’autre. Pourtant Jane va s’eppendre dans ce journal de bord du mariage, jusqu’à devenir son propre journal intime.

Troisième tome de la série Boy next door de Meg Cabot, il ne déroge pas à la règle de la série : des personnages récurrents qui sont mentionnés d’un tome à l’autre, des extraits de SMS, de mails, et de journal intime. Tout cela parsemé d’humour et d’amour. Seul les personnages principaux changent, mais ce n’est pas pour me déranger.

La narration se fait par notes sur un journal intime, retranscription de mails et de sms, un peu par facilité diront certains, totalement original diront d’autres (j’en fais parti), une manière moderne de communiquer, et de lire.

Un tome que j’ai adoré, à la hauteur des deux premiers (que je me ferai un plaisir de relire pour les chroniquer). Encore une fois Meg Cabot est à la hauteur de sa réputation, celle de faire des chick lit originaux dans leur forme.

« Blade runner / Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? », Philip K. Dick

1768_blade-runner_NLLe mouton n’était pas mal, avec sa laine et ses bêlements plus vrais que nature les voisins n’y ont vu que du feu. Mais il arrive en fin de carrière : ses circuits fatigués ne maintiendront plus longtemps l’illusion de la vie. Il va falloir le remplacer. Pas par un autre simulacre, non, par un véritable animal. Deckard en rêve, seulement ce n’est pas avec les maigres primes que lui rapporte la chasse aux androïdes qu’il parviendra à mettre assez de côté. Holden, c’est lui qui récupère toujours les boulots les plus lucratifs normal, c’est le meilleur. Mais ce coup-ci, ça n’a pas suffi. Face aux Nexus-6 de dernière génération, même Holden s’est fait avoir. Alors, quand on propose à Deckard de reprendre la mission, il serre les dents et signe. De toute façon, qu’a-t-il à perdre ?


Pour avoir en tête le livre « Le Maître du haut château », je ne m’attendais pas à une lecture si facile. Si pour « le maître du haut château » la lecture était difficile et même parfois pénible, il n’en n’est rien pour « Les androïdes rêvent-ils de mouton électrique ? ». J’ai été, dès les premières pages, complètement happé par le récit.

Rick Deckart a un mouton électrique. Son rêve suprême est d’avoir un vrai mouton, dans un monde où les animaux sont très rares et très chers, c’est compliqué. Du coup lorsqu’une opportunité de gagner de l’argent se présente à lui, il n’hésite pas. Sa mission ? Tuer six androïdes ayant assassinés leur propriétaire, puis fuit Mars et essayant de se faire passer pour des humains sur Terre.

Car le monde n’est pas celui que nous connaissons : nous sommes en 1992, et la Terre est devenue inhabitable à cause des guerres nucléaires. Pour ceux qui ne sont pas encore « dégradés » par les radiations, on vous conseille d’aller sur Mars. Et pour vous inciter, on vous offre un Androïde plus vrai qu’un humain, qui fera à votre place les tâches ingrates. Mais ces androïdes sont de plus en plus perfectionnés, et de plus en plus ressemblant aux humains… jusqu’à vouloir se faire passer pour un humain. Et c’est là qu’interviennent les blade runner, ces chasseurs d’androïdes.

Un livre qui sous une trame principale : un terrien blade runner souhaitant ardemment un animal de compagnie, dépeint une humanité complètement à l’agonie, le temps de cerveau disponible occupé par l’ami Buster et des invités, et ont comme Dieu Mercer, dont les rêves sont plus vrai que nature.

Comme tous les livres de Phillip K. Dick, j’ai été complètement soufflé par son univers, avec tant de degré de lecture.

Si ce livre ne récolte pas la note maximale, c’est peut-être à cause de son incohérence sur les androïdes qui m’a un peu gâché l’expérience de lecture. En effet, les androïdes sont des modèles en séries, la preuve avec Rachel et Priss, qui sont identiques car elles ont la même fiche technique. Dans ce cas-là, comment les androïdes peuvent-ils se faire passer pour des humains ? Ils sont censés avoir la même tête !

Mais à part cela, c’est vraiment un sans-faute, très accessible, j’ai vraiment passé un bon moment, je le conseille à tous !

« Replay », Ken Grimwood

bm_185929_aj_m_700La mort est un éternel recommencement. Quand Jeff décède d’une crise cardiaque à 43 ans, il se réveille 25 ans plut tôt dans sa chambre d’université, alors qu’il a 18 ans. Tout ce qui appartenait à son présent a disparu. dans le futur. Seuls les souvenirs subsistent. Un peu déstabilisant ? Toutefois, quand on a un quart de siècle d’avance sur l’humanité, on dispose de quelques atouts pour refaire sa vie. Ainsi, Jeff construira une fortune, un couple différent, essaiera en vain de changer le cours de l’Histoire, et ce jusqu’à ses 43 ans où il mourra d’une crise cardiaque. pour se réveiller à 18 ans, cette fois-ci dans un cinéma. Replay! Et ainsi de suite. La raison de ce cycle ? Jeff n’en a aucune idée. Peut-être Pamela, elle aussi sujette à ces retours à la vie, pourra-t-elle l’aider à comprendre. Humour, émotions, rebondissements à la pelle servant une intrigue admirablement ficelée, et Replay donne une dimension multiple au sens de la vie


Il y a certains livres dont on est tellement happé par sa lecture que le terminer en devient atrocement douloureux. Replay fait partie de ceux là. Lu il y a deux semaines, j’ai du faire un espèce de « deuil » avant de pouvoir en parler.

L’histoire d’une personnes qui revit sa vie en boucle sans le vouloir, et surtout sans savoir comment il y parvient, ni comment éviter. Après avoir vécu plusieurs vies, il retourne dans son passé qui se retrouve significativement changé. Et si d’autres personnes avaient également la possibilité de revivre leur vie en replay?

Un livre de soft science fiction, ici vous n’aurez pas des descriptions alambiquées et complètement farfelues ou scientifique. Replay s’attache aux ressenties des personnages. Comment vivent ils cette expérience ?

Cela fait longtemps que je n’ai pas été happé par un livre avec une telle intensité, j’en suis assez stupéfaite. Je ne peux que vous conseiller de le lire!

Lu dans le cadre du challenge des séries

11/22/63 Lire un livre avec un voyage dans le temps
« Replay » Ken Grimwood
Image_Challenge

 

« Les mille et une guerres de Billy Milligan », Daniel Keyes

Lorsque Billy Milligan est transféré à l’hôpital d’Etat pour malades mentaux criminels de Lima, dans l’Ohio, il ne sait pas encore que débute pour lui une effroyable descente aux enfers. Passage à tabac, racket, camisole chimique, électrochocs, trahisons et suicides… Dans cet univers de violence et de folie, Tommy, le roi de l’évasion ; Arthur, l’intellectuel sophistiqué ; Ragen le Yougoslave brutal et les 21 autres « habitants » avec lesquels le lecteur avait fait connaissance dans Les Mille et une vies de Billy Milligan devront faire appel à toutes leurs ressources pour survivre. Le récit de ces douze années de lutte acharnée contre l’inhumanité des institutions médicales et judiciaires, l’opportunisme des politiciens, le cynisme médiatique, mais aussi contre le désespoir et la tentation du suicide, se lit comme un palpitant roman d’aventure psychologique. Les 1001 guerres de Billy Milligan, en effet, se livrent également dans les profondeurs de son âme, où pour recouvrer la maîtrise de son destin, il devra se résoudre à affronter son plus grand ennemi : lui-même.

Nous avions quitté Billy Milligan plus désespéré que jamais dans « Les mille et une vies de Billy Milligan », nous nous attardons cette fois ci, dans « Les mille et une guerres de Billy Milligan » sur son passage à l’hôpital de Lima, une institution psychiatrique pour les criminels mentalement atteint les plus dangereux qui soient.

Petit rappel de qui est Billy: Il faut savoir déjà que ce livre est une histoire vraie, tant l’histoire de Billy parait romanesque.
Un américain surdoué, ayant vécut une enfance traumatisante (son beau père l’a violé et battu pendant 5 ans) développe le syndrome de personnalités multiple pour préserver le Billy originel de toute cette souffrance. Au total, 24 personnalités complètement différentes les unes des autres habitent le corps de cette personne, et l’une d’elles va commettre trois viols qui emmèneront Billy une nouvelle fois en prison. Dans le tome 1, nous avions la biographie de Billy: comment a t-il vécut durant sa plus tendre enfance jusqu’à son internement à l’hôpital d’état de Lima, et dans ce tome les péripéties du protagoniste qui essaye de s’en sortir malgré des conditions de détentions d’une violence extrême, et avec beaucoup de personnes qui feront de ce cas une affaire personnelle, tant le cas Milligan suscite des passions. Certains s’emploieront à maintenir Billy en prison en produisant de faux témoignages, en bafouant ses droits,  en le maltraitant, certains qui mettront même un contrat sur sa tête tant ils le préfèrent mort,   d’autres s’acharneront pour que justice soit rendue, s’acharneront jusqu’à la mort.
Sans compter les politiciens, journalistes, et personnel pénitencier en mal de gloire qui feront tout pour provoquer polémique sur polémique dans les médias.

Un livre passionnant dans la même veine que le premier, bien que la fascination est retombée: je voyais dans le premier tome Billy comme un être insaisissable et mystérieux, mais dans ce second tome comme un malade qui souhaite s’en sortir mais qui n’y arrivera que trop difficilement.

Véritable critique des institutions pénitentiaires de l’Ohio, dont beaucoup (la plupart?) des membres dont des personnes non expérimentés et non qualifié pour occuper le poste qu’ils occupent, ce livre est toujours interdit de publication aux USA. Après être publié au Japon et à Taïwan, la France est le troisième pays à publier le tome 2 de la biographie de William « Billy » Milligan.

« Miss Wyoming », Douglas Coupland

Ex mini-Miss et star de sitcom, Susan Colgate est par miracle l’unique survivante d’un crash aérien. Elle pourrait disparaître, personne ne le saurait jamais…
Lors d’une expérience de mort imminente due à une grippe plus qu’à l’énorme quantité de drogues qu’il ingurgite, John Johnson, producteur de films d’actions et sadomaso occasionnel, a une vision et réalise qu’il est temps de disparaître et de trouver l’amour…

Traduction d’un livre de Douglas Coupland, initialement publié en 1999 dans sa langue originale, Miss Wyoming bénéficie, en 2017, d’une publication inédite en français.

Je commence, comme pour toutes mes chroniques sur Douglas Coupland, par dire que je suis une fan inconditionnelle de cet auteur.

Miss Wyoming parle, comme pour toutes les autres œuvres de cet auteur, de personnages confrontés à la décadence et aux dérives de la société nord-américaine, qui, plus ou moins insérées dans le système, décide de tout rompre pour trouver un sens à leur vie.

Nous avons affaire ici à deux personnages :

  • Susan Colgate, ex miss Wyoming devenue actrice, qui, bien qu’elle présente magnifiquement bien est une âme en peine : sa mère lui a volé son enfance, projetant tous ses espoirs sur elle, en lui faisant faire compétition sur compétition de beauté, la menaçant en cas de défaite de la renier. Cette beauté n’est d’ailleurs pas la sans raison : à l’Age de 15 ans, pour passer à l’étape supérieur, sa mère lui fait faire une chirurgie (ou plusieurs même) afin d’avoir toutes ses chances pour gagner une compétition de miss Wyoming.
  • John Johnson, producteur en vogue de blockbuster, obsédé sexuel se remettant d’une overdose de drogue, décide de tout plaquer pour devenir SDF, persuadé de trouver un sens à sa vie en se dépouillant de tout : en fait, à part se faire tabasser par d’autres SDF et chopper des intoxications alimentaires, sa quête ne sera pas fructueuse …

Ces deux âmes en peine se croiseront un jour, et coup de foudre dès la première seconde ! Le problème c’est que Susan disparaît le soir même. Cache-t-elle des secrets ? A moins que John y soit pour quelque chose ? Après tout, le soir de leur rencontre, il est resté pas mal de temps à observer la maison de Susan, et je vous ai précisé qu’il détient un autel consacré à cette actrice ?

On distingue deux grands styles dans l’écriture de Coupland. Je dirais un pré jPod (2006) et un post jPod (jPod étant un livre).

Nous sommes ici dans la période pré jPod (puisque le livre a été publié en 1999 en VO), ce qui s’en ressent très vite : une folie douce, pas encore de gros mots toutes les deux lignes, et l’humour assez discret : ici on est là pour parler des états d’âme du / des personnages, sans le noyer dans un espèce de charabia complètement WTF. Un style qui permet d’entrer dans le style de Coupland en douceur.

J’ai, comme dans tous les livres de Coupland, adoré le profil des personnages désabusés : car vu de l’extérieur, ces personnages semblent insérés dans la société.

Qui aurait cru qu’un producteur obsédé par le sexe n’aurait qu’un seul souhait, tomber amoureux ? Et qui aurait cru qu’une fille si belle, actrice rendu célèbre grâce à un sitcom et mariée à un rockstar ne l’avait fait que parce que l’homme qu’elle aimait (et qui ne l’aime pas en retour) lui a demandé de lui rendre ce service ?

Une folie douce (trop douce pour moi quand on est habitué au style post jPod!), des situations cocasses, j’ai trouvé ces personnages émouvants au possible, et ai passé un excellent moment.

Je remercie le site babelio pour le livre !