« Le petit déjeuner des champions « , Kurt Vonnegut

Voici l’histoire d’une rencontre entre deux hommes solitaires, maigrichons et plus tout jeunes. Le premier, Kilgore Trout, obscur auteur de science-fiction, passe ses soirées à prédire l’apocalypse à son seul ami, Bill, une perruche. Quant à Dwayne Hoover, riche concessionnaire Pontiac dont l’unique compagnon est un chien nommé Sparky, il est sur le point de perdre la tête. Lorsque Kilgore Trout rencontre Dwayne au cours d’un festival, il lui offre l’un de ses romans. La lecture de ce livre va transformer Dwayne en monstre.


Cité pour être l’une des inspiration de mon auteur fétiche, Douglas Coupland, j’ai décidé de m’attaquer à sa bibliographie.

J’y ai effectivement reconnu des similitudes dans le ton avec les écrits de Douglas Coupland, et ait beaucoup apprécié sa plume (je développerai plus tard), je suis tout de même un peu déçue par cette lecture.
La faute à moi même, qui aurait du me renseigner sur les œuvres de Vonnegut, après lecture de quelques critiques, j‘ai compris que il ne fallait tout simplement pas s’attaquer à son travail par ce livre. Pourquoi? Car beaucoup trop de private joke que j’étais incapable de saisir, beaucoup de références à ses autres œuvres. C’est comme si je vous disais d’attaquer Douglas Coupland par Obsolescence des données, ça n’a pas de sens. Non, je vous conseillerai Generation X, ou Toutes les familles sont psychotiques.

Enfin bref. J’en ai fini avec la minute regret, commençons par parler du livre. Il s’agit d’une histoire sur le peuple terrien, à l’usage des extraterrestres. Visiblement, la cible est peu familière avec la culture terrienne, du coup Vonnegut Jr va s’employer à décrire ce qui fait la faune et la flore de la Terre, à commencer par les hommes. Qui seront décrit par la taille de leur sexe. Au passage, merci Kurt d’avoir dessiné un trou du cul, pour ceux qui ne savent pas à quoi un anus terrien ressemble.

L’histoire est centrée sur deux robots. Une machine à devenir fou qui se nomme Dwayne Hoover, et une machine à écrire nommé Kilgore Trout. Kilgore Trout est un écrivain de science fiction prolifique, puisqu’il a écrit pas moins de 117 romans et 2000 nouvelles, sans succès hélas, puisque pour se faire vendre, on y accole une couverture racoleuse, pour faire miroiter des romans porno, la seule chance visiblement pour percer dans le milieu infernal de la littérature. Dwayne Hoover lui est un bussinessman accomplit, mais sujete à une mauvaise chimie du cerveau. La rencontre entre Dwayne et une oeuvre de Kilgore va faire disjoncter à jamais sa psyché.

Publié initialement en 1973, j’ai trouvé ce roman très actuel pourtant. Vonnegut dresse un portrait un vitriole de notre époque, qui asservit les homme l’Amérique soit disant un pays de liberté, mais qui plutôt nous faisait croire au sentiment de liberté, à l’écologie, au racisme, tout en parlant de trouble mentaux, bref des sujets super à la mode en ce moment.

En fait, les pirates les plus impliqués dans la création du jeune gouvernement possédaient des esclaves humains. Ils se servaient des êtres humains comme de machines, et, même après que l’esclavage eut été aboli, parce que c’était tout de même bien embarrassant, eux et leurs descendants continuèrent à considérer les êtres humains ordinaires comme des machines.

Ce que j’apprécie le plus dans le roman, c’est ce développement sur le libre arbitre. Est-on réellement responsable de nos actes? Ne sommes nous pas programmé pour faire ce que nous faisons? Tenez par exemple, ne serais-je pas une machine à écrire blogger? Et vous une machine à lire? Ne sommes nous pas des machines à nous entre tuer?

j’en étais arrivé à la conclusion qu’il n’y avait rien de sacré en moi-même ou en n’importe quel être humain, que nous étions tous des machines, condamnées à entrer en collision après collision après collision.

Mais quelques réflexions en somme toute très commun à notre époque n’aurait pas fait de livre un petit bijou. Ce qui fait de ce livre une merveille, c’est son style. Kurt Vonnegut manie son histoire avec habileté, absurdité, et on en redemande. Il écrit pourtant de manière simple. Pas de grande envolée lyrique, mais des digressions. Beaucoup de digressions. Sur tout.

Bunny Hoover entra à l’académie militaire de Prairie pour huit années de sport, de pédérastie et de fascisme assidus. La pédérastie consistait à enfoncer son pénis dans le trou du cul ou dans la bouche d’autrui, ou d’être soumis par autrui à l’un ou l’autre. Le fascisme était une philosophie politique assez répandue qui considérait comme sacrées la nation et la race, quelles qu’elles soient, auxquelles se trouvait appartenir le philosophe. Cela nécessitait un gouvernement centralisé, autocratique et chapeauté par un dictateur. Le dictateur devait être obéi, quoi qu’il eût demandé.

Nous étions tous collés à la surface d’une boule, soit dit en passant. La planète avait la forme d’une boule. Personne ne savait pourquoi nous n’en tombions pas, même si tout le monde faisait semblant de vaguement comprendre.
Les gens vraiment malins avaient compris qu’une des meilleures façons de s’enrichir était de posséder une portion de cette surface sur laquelle les gens devaient rester collés.

Vous l’avez compris, ce livre plein d’ironie a été un très bon moment de lecture pour moi. J’ai bien l’intention de continuer à lire sa bibliographie, et vous recommande chaudement de faire de même si vous êtes adepte du second degré.

S’ils examinaient leurs billets de banque à la recherche d’indices qui les aideraient à y voir plus clair, ils trouvaient, entre autres nombreuses inepties baroques, le dessin d’une pyramide tronquée et surmontée d’un œil rayonnant, comme ceci : Le président des États-Unis lui-même ne savait pas ce que cela pouvait bien signifier. C’était comme si le pays déclarait à ses citoyens : “Dans l’absurdité, la force.”

Publié par

cyberneon

https://cyberlecture.wordpress.com/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s